Tempête Alex : « Tout est encore à faire », déplorent les maires des communes sinistrées

RECONSTRUCTION Emmanuel Macron a annoncé que l’Etat verserait 572 millions pour aider à réparer les dégâts, « insuffisants » pour des élus qui avaient demandé 1,09 milliard d'euros

Elise Martin
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Le Pont de Pertus entre Piene et Breil sur Roya couper en deux par la tempête Alex (Illustration)
Le Pont de Pertus entre Piene et Breil sur Roya couper en deux par la tempête Alex (Illustration) — LIONEL URMAN/SIPA
  • Huit mois après le passage de la tempête Alex, les travaux sont encore importants dans les communes touchées.
  • La réunion avec le chef de l'Etat était « importante » pour faire remonter au plus haut niveau « l’urgence encore très présente » de réparer les villes sinistrées.
  • La priorité des travaux est de rétablir les liaisons comme les ponts ou de s’occuper des familles qui aimeraient retrouver leur village.

Lundi, le Président de la République a promis, lors d’une réunion avec les élus des Alpes-Maritimes, d’accorder des aides accrues, 572 millions d’euros, pour reconstruire les vallées sinistrées et a ordonné à ses ministres de lever les blocages administratifs qui retardent les travaux. Un montant qui reste en deçà de ce qu’attendaient les maires des communes touchées, pour « l’ampleur des travaux qui restent encore à réaliser ». Ils avaient demandé 1,09 milliard d’euros.

« Huit mois après, tout est dans l’urgence, il n’y a que des priorités, s’exclame Jean-Pierre Vassallo, maire de Tende. Notamment, les protections des rives pour refaire des liaisons entre les voies, parce qu’on est toujours piégé. Et on a toujours 55 familles qui veulent rentrer chez elles, il faut les reloger rapidement. La population est dans un état fragile ».

« Il ne faut pas compter sur l’Etat pour avancer »

Même constat à Breil-sur-Roya. Sébastien Olharan, le maire de la commune, déclare : « Ce qu’on aura de l’Etat, ce sera du bonus. J’avais déjà lancé les demandes pour reconstruire les ponts ou remettre en état les établissements publics comme la mairie détruite par la tempête, par exemple. Il ne faut pas compter sur le gouvernement pour avancer. Depuis la catastrophe, les travaux se poursuivent mais il y a encore tout à faire. Nous avons perdu un camping, une piscine, des stades… Il nous faudra encore des années et on ne pourra pas tout retrouver. »

Il ajoute : « Dans ce qui a été annoncé, il y a les fonds de l’Union européenne, les fonds Barnier, les fonds de compensation de la TVA. Donc ce sont réellement 143 millions qui seront versés au titre de la dotation de solidarité, pour les biens non assurables des collectivités. C’est donc 10 % de ce qui avait été évalué par les collectivités concernées. » L’élu se demande également comment se fera la répartition des aides promises entre les communes.

Le relais de la population

A Saint-Martin-Vésubie, les priorités sont similaires. « En tant que maire, nos compétences sont restreintes, déclare Ivan Mottet. On est le relais de la population vers les institutions, donc notre urgence c’est de la rassurer et d’avancer petit à petit. Actuellement, on aimerait que les assurances soient plus réactives. Il faut se mettre à la place de celui qui a perdu sa maison et qui attend désespérément de savoir s’il peut se projeter dans le village ».

Au sujet des annonces du président de la République, il estime que « ce n’est jamais suffisant » même si « c’est déjà un premier pas qui va permettre de continuer d’aider la reconstruction ».

D’ici la fin du mois de juin, un nouveau point d’étape sera fait pour l’endiguement définitif des berges et pour sécuriser les maisons en bordure, signale l’élu. « On est sur le bon chemin, ça évolue positivement », conclut-il en espérant voir des touristes monter durant l’été.