Région Paca : A quoi vont servir les 3,5 milliards d'euros investis dans la Ligne nouvelle Provence Côte d'Azur

TRANSPORTS Le projet de LNPCA pour « désaturer les nœuds ferroviaires de Marseille, Toulon, Nice » est entré dans sa phase active

Fabien Binacchi
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Un TER de la région Paca, en gare de Nice
Un TER de la région Paca, en gare de Nice — SYSPEO/SIPA
  • Les collectivités locales de Paca et le gouvernement sont tombés d’accord pour le financement des deux premières phases de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) pour 3,5 milliards d’euros.
  • De nombreux aménagements sont prévus pour « permettre d’augmenter l’offre de services ferroviaires » et notamment améliorer la fiabilité du service TER et sa cadence.

Après des années de revirements, de coups d’arrêts... voire de déraillements, le projet de Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) a fait un grand bond en avant il y a quelques semaines. Et les collectivités locales ont pu pousser un « ouf » de soulagement. Elles sont tombées d’accord avec le gouvernement sur le financement des deux premières phases de cette future ligne ferroviaire entre Nice et Marseille. Environ 3,5 milliards d’euros vont y être consacrés. Mais pour quoi faire ? On fait le point.

Qu’est-ce qui est prévu ?

Alors les phases 3 et 4 du projet (de nouvelles gares dans les Alpes-Maritimes, notamment du côté de Sophia-Antipolis, et des portions de ligne nouvelle par endroits sur le tracé) n’en sont toujours qu’au stade des études, les phases 1 et 2 sont, elles, véritablement lancées. Elles comprennent notamment la construction d’une nouvelle gare à l’ouest de Nice, près de l’aéroport, capable d’accueillir des TGV, et d’une halte TER à Cannes-la-Bocca. Il sera également question de quais supplémentaires dans plusieurs autres gares, de la mise en place d’un RER toulonnais et surtout de la création d’une nouvelle ligne souterraine à Marseille sous la gare Saint-Charles.

Ce que ça changera concrètement pour les TER ?

Tous ces projets doivent « permettre d’augmenter l’offre de services ferroviaires » en « désaturant les nœuds de Marseille, Toulon, Nice », rappelaient fin avril le ministère des Transports et la région Paca. Dans le détail, les aménagements pourraient permettre, par exemple sur la Côte d’Azur , de faire circuler 8 à 9 trains par heure et par sens, dont 6 TER. Contre 3,5 actuellement. Mais, dans tous les cas, cette cadence ne pourra pas intervenir avant 2035 selon SNCF réseau. Et elle dépendra surtout des arbitrages décidés entre la région Paca et les futurs opérateurs de ses lignes concernées par une ouverture à la concurrence. L’objectif du projet est avant tout « de gagner en fiabilité », précise une source proche du projet.

Quand pourront commencer les chantiers ?

Pour ces deux premières phases pour lesquelles des concertations se sont achevées mi-avril, l’enquête publique doit être lancée avant la fin de l’année. Fin 2022, les décrets d’utilité publique devraient être signés pour pouvoir engager, à partir de 2023,  les acquisitions foncières nécessaires au début des travaux. Ils pourraient être lancés en 2024. Une source rappelle que « des recours sont possibles à chaque moment de la procédure ».

Quand les usagers profiteront-ils de ces aménagements ?

Le calendrier n’est pas encore détaillé, mais SNCF réseau s’engage sur de premières « mises en service » dès 2026. Elles doivent s’échelonner au moins jusqu’en 2029. Les phases 3 et 4, elles, ne sont pas attendues avant les années 2030.