Déconfinement à Nice : Une journée « historique » pour les plagistes à l'occasion de la réouverture des terrasses

EPIDEMIE Les plagistes affichent déjà pratiquement tous complets pour la semaine

Elise Martin
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Opéra Plage à Nice, le 19 mai 2021
Opéra Plage à Nice, le 19 mai 2021 — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • La réouverture des terrasses signifie également réouverture des plages.
  • Pour « profiter des transats » ou « vivre un moment en famille avec la plus belle vue de la ville », elles ne manquent pas de clients.
  • Avec 50 % de la capacité habituelle, nombre d’entre elles sont déjà complètes pour une semaine pour la partie restauration.

« Je vais prendre une photo parce que ça fait longtemps », lance Brigitte sur la terrasse de la plage Beau Rivage à Nice. Avec son ami Pascal, ils sont venus dès 9 h 30, à l’ouverture, pour profiter « de la liberté d’être en extérieur pour boire un café ». « La Prom tient sa promesse, lance le Niçois. Ce qui nous manquait le plus, c’est la possibilité de venir ».

Sur les plages de Nice, les terrasses sont prises d'assaut par les clients impatients de boire un café en bord de mer
Sur les plages de Nice, les terrasses sont prises d'assaut par les clients impatients de boire un café en bord de mer - E. Martin / ANP / 20 Minutes

Les plages sont prises d’assaut pour ce premier jour de déconfinement et sont mêmes « complètes, pour la partie restauration, jusqu’à la semaine prochaine », affirme un des plagistes. Même si certains sont encore en train de faire les derniers préparatifs, l’objectif est d’essayer de rattraper les plusieurs mois de saison confinés sans penser à « l’éventualité où les touristes étrangers ne pourraient pas venir à Nice ».

A Beau Rivage, ils représentent normalement 80 % de la clientèle. De plus, cette plage, qui rouvre habituellement mi-février, est dépendante des « voyages d’affaires qui correspondent à 20 % du chiffre d’affaires ». Un manque à gagner qui ne pourra pas être compensé, « même avec une forte activité cet été », avoue Séverine Jaffeux, directrice de la plage.

« Chaque plage a sa spécificité »

Yann Claeysen, gérant de la Bella Nissa, a employé les grands moyens pour relancer l’économie et faire vivre l’identité locale : de la cuisine niçarde avec les poissons du pêcheur du coin, aux vins de Bellet et primeurs de la région jusqu’aux masques confectionnés à moins d’un kilomètre de la plage. « On a le souci du détail et c’est comme ça qu’on se démarque, confie le propriétaire. Après, on est surtout heureux et très excité de pouvoir rouvrir et de vivre ce moment. »

Avec sa partie « lounge » surélevée, il est sûr de faire la différence en proposant une « vue mer imprenable ». C’est là où Delphine, Nicolas et Sébastien se sont posés pour boire un café avec « les parents » après avoir couru une heure sur la Promenade des Anglais. « C’était l’occasion ou jamais ! lance Delphine. On s’est arrêté là parce qu’on connaît et que c’est le plus proche de chez nous mais chacune des plages a sa spécificité et sa clientèle. »

Une file d'attente devant le menu d'Opéra Plage à Nice, le 19 mai 2021
Une file d'attente devant le menu d'Opéra Plage à Nice, le 19 mai 2021 - E. Martin / ANP / 20 Minutes

A quelques mètres de là, à Opéra plage, Cindy et Mylène testent les transats. « On ne va pas bouger de la journée, s’exclame Mylène. On vient de Paris et on reste encore cinq jours. On va en profiter à 100 % ! » Pour elles, être sur la Côte d’Azur était le meilleur moyen de se déconfiner avec « la mer » et « le soleil ». « Ça a un côté vraiment reposant pour se déconnecter », lâche Cindy.

« Avec le confinement, on a pris conscience de ce que valait un café sur la plage »

Même dans le rush de la mi-journée, Cyril, Gaëlle et Lili attendent leur boisson sans broncher. « C’était soit ici soit sur le cours Saleya mais dans tous les cas, on voulait prendre un petit temps ensemble pour ce premier moment en terrasse, affirme Gaëlle. Et puis, pour moi, ici, c’est la plus belle vue de Nice. En plus, cette plage a vraiment un esprit familial ».

Depuis cinq générations, Opéra plage appartient aux Maiffret. Nicolas, l’actuel gérant, vit cette « journée historique » en se sentant « privilégié ». Il attend ce moment depuis mi-mars, où débute habituellement la saison. « On court partout mais c’est parce qu’il y a une sorte d’effervescence de la réouverture. Ça fait plaisir ! On n’a pas le choix mais on est même obligé de refuser des clients ». Il espère que « cette excitation » durera dans le temps pour « vivre encore longtemps cette fin de crise ».

Une chose est sûre, Cyril, Gaëlle et Lili ont réalisé « le bonheur d’habiter ici » et ils continueront de participer à la vie locale. Pendant le confinement, ils se posaient quand ils pouvaient à ce même endroit, sur les galets, mais « ça n’avait rien à voir ». Cyril développe : « On a pris conscience de ce que valait un café sur la plage. On sent la différence et c’est finalement l’un des côtés positifs du confinement ».