Nice : Après son départ de LR, Christian Estrosi peut-il se retrouver affaibli localement ?

CONSEQUENCES La maire de Nice et président de la métropole a claqué la porte du parti, en déplorant « la dérive d’une faction qui semble avoir pris en otage [sa] direction »

Fabien Binacchi

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Le maire de Nice Christian Estrosi, le 7 mai 2021
Le maire de Nice Christian Estrosi, le 7 mai 2021 — SYSPEO/SIPA
  • Le maire LR de Nice qui s’est constitué des majorités "plurielles" ne semble pas craindre de répercussions locales après sont départ des Républicains.
  • Pour les listes des régionales qui seront validées le 17 mai au soir, et pour lesquelles Christian Estrosi a la responsabilité des Alpes-Maritimes, les discussions pourraient être mouvementées avec le parti.

Il a décidé de retrouver sa « liberté », mais à quel prix ? En annonçant qu’il quittait Les Républicains, égratignant au passage son ancien allié Eric Ciotti, Christian Estrosi risque-t-il de se voir affaibli localement ? Dans ses majorités, au conseil municipal de Nice et à la métropole, certains élus encartés, proches d’une ligne plus stricte chez LR telle que défendue par le député azuréen, pourraient-ils décider de lui tourner le dos ?

« Je suis LR et fier de l’être mais ce qui se passe en ce moment ne m’empêchera pas de faire avancer la collectivité avec Christian Estrosi. La métropole n’est pas le lieu pour défendre ce genre d’autres intérêts », avance Bertrand Gasiglia. Le maire de Tourretes-Levens, parmi les 130 élus du conseil métropolitain, est un ancien collaborateur du maire de Nice, également proche d’Eric Ciotti et n’a pas prévu de prendre parti.

« Des majorités diverses, plurielles en dehors des partis politiques »

Des dissidences pourraient toujours se concrétiser mais leur poids ne serait a priori pas significatif. D’autant plus que Christian Estrosi a su ratisser large, au fil de ses mandats. Il s’est entouré de figures LREM (ce qui lui a surtout été reproché par LR), de personnalités de gauche (Patrick Mottard et Marc Concas) et d’autres « membres de la société civile ».

« Je choisis les meilleurs et je ne regarde pas l’étiquette », avait-il expliqué en janvier 2020 dans une interview à 20 Minutes. Et dans l’entourage du maire et président de la métropole Nice Côte d’Azur, on ne s’inquiète pas trop de ces éventuelles dissidences : « Ses majorités sont diverses, plurielles et sont en dehors des partis politiques ». « Nous avons huit sensibilités », précise Pierre-Paul Leonelli, vice-président de la majorité municipale Nice ensemble et président de l’association des Amis du maire.

« Certains en ont marre »

Reste la question des scrutins à venir. RAS pour les départementales, dont les listes, arrêtées jeudi soir, le même jour que l’annonce de Christian Estrosi de quitter LR, n’ont pas eu à subir les bouleversements de ces derniers jours. Elles affichent d’ailleurs souvent des binômes en parfait équilibre. Avec un candidat proche de Christian Estrosi et un autre que l’on associe à Eric Ciotti.

« Certains en ont pourtant marre de voir, par exemple dans le neuvième canton de Nice, LR soutenir Philippe Soussi, candidat clairement LREM proche du maire », croit savoir Philippe Vardon. Le chef de file du RN pense que son parti pourrait même « jouer le rôle de passerelle avec des gens de LR qui n’en peuvent plus de cette situation ».

Pour les listes des régionales qui seront validées le 17 mai au soir, et pour lesquelles Christian Estrosi a la responsabilité des Alpes-Maritimes, les discussions pourraient être plus mouvementées. Pierre-Paul Léonelli, également conseiller régional s’y attend. Même s’il espère « que la raison va l’emporter » et que « tout ce petit monde va travailler en bonne intelligence ».