Alpes-Maritimes : Nouveau bras de fer entre la préfecture et la maire de Mandelieu-la-Napoule autour des gens du voyage

ACCUEIL Le maire de la ville accusait l'Etat de « baisser les yeux » sur l'installation illégale de gens du voyage sur sa commune

E.M.

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Illustration d'un camp de gens du voyage.
Illustration d'un camp de gens du voyage. — SEBASTIEN ORTOLA/20 MINUTES
  • En raison d’oppositions de nombreux élus du territoire, le département ne « dispose toujours pas à ce jour d’un schéma d’accueil des gens du voyage », indique la préfecture des Alpes-Maritimes.
  • Le maire de Mandelieu-la-Napoule se plaint d’une « invasion pour la deuxième fois en quatre semaines du même secteur commercial par une compagnie des gens du voyage exigeant la mise à disposition gratuite de la parcelle de Décathlon ».

Dimanche, une vingtaine de caravanes s’est implantée sur le parking d’un
supermarché dans une zone commerciale de la commune de Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes. Les gens du voyage ont quitté les lieux ce mercredi après-midi après une bataille de 48 heures menée par le maire, Sébastien Leroy qui réclame un changement de loi pour « rendre sans délai aux préfets une liberté totale d’action pour défendre la République et ses valeurs ».

Dès dimanche, l’élu alertait sur cette « deuxième invasion de ce type en six semaines ». Il accusait également le gouvernement d’inaction en plus de fermer les yeux sur le non-respect du confinement : « Il me semblait pourtant qu’il y avait actuellement dans ce pays des règles de restriction de déplacement. Visiblement, elles ne s’appliquent pas à ces individus avec la complaisance de l’Etat. »

La préfecture souligne le manque d’aire d’accueil des communes

Face à ses accusations, la préfecture du département a répondu « qu’à l’exception de Nice, Antibes et Vallauris qui disposent d’aires d’accueil, aucune des intercommunalités et communes du département assujetties à l’obligation de disposer d’équipements d’accueil des gens du voyage ne répond aux obligations fixées par la loi Besson ».

Elle ajoute : « La loi n’étant pas respectée par les collectivités concernées, il n’est pas possible pour le préfet de mettre en œuvre la procédure administrative d’évacuation forcée en cas d’occupation illicite ouverte au bénéfice des seules collectivités en conformité avec leurs obligations. Aussi, à ce jour, à Mandelieu-la-Napoule, à défaut de respect par la commune de ses obligations légales, le recours à la force publique n’est possible que dans le cadre de l’exécution d’une décision du juge des référés ordonnant l’expulsion. »

Les trois plaintes du maire ont cependant été recueillies et traitées, signale la préfecture. L’une pour soustraction frauduleuse d’énergie, deux autres pour occupation illégale des parkings. Les gendarmes ont dressé 29 verbalisations pour non-respect des mesures Covid-19.

Christian Estrosi propose un «guide pratique» à l'attention des maires face l'occupation illégale par des gens du voyage