Antibes : Elle transmet un peu de son histoire dans des contes « pour que les parents puissent inculquer des valeurs à leurs enfants »

LIVRE Née avec la mucoviscidose, Tenessa Hotkins, 28 ans, veut publier son premier livre « Contes pour bien grandir »

Elise Martin

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Tenessa Hotkins est l'auteure de sept contes pour enfants qui devront sortir en septembre 2021
Tenessa Hotkins est l'auteure de sept contes pour enfants qui devront sortir en septembre 2021 — T. Hotkins
  • Le livre met en avant des principes comme la tolérance, la beauté intérieure ou la confiance en soi à travers des contes destinés aux 2-7 ans.
  • À partir du 1er mai, il sera possible de contribuer au financement participatif.
  • L’auteure est aussi actuellement en train d’écrire une trilogie de science-fiction pour jeunes adultes.

Sept contes, pour les sept jours de la semaine. C’est sur ce principe que se base le livre « Contes pour bien grandir », pour lequel Tenessa Hotkins [elle ne préfère pas communiquer sous son vrai nom] en appelle à des contributeurs. « Le premier traite de la tolérance, le second de la beauté intérieure, précise l’auteure. Les autres succèdent la nécessité d’être gentil, de croire en ses rêves, de trouver un travail qui nous plaît, du besoin de remettre parfois en cause le système et le septième à ne pas avoir honte de qui l’on est ! »

La couverture du livre
La couverture du livre - Tenessa Hotkins

L’inspiration de cette Antiboise de 28 ans vient de son imagination mais aussi de son vécu. Elle raconte : « Je suis née avec la mucoviscidose. À douze ans, lors de ma greffe des poumons, j’ai fait un AVC et une hémorragie interne. Ça m’a mise dans un fauteuil roulant électrique, ça m’a fait devenir gauchère, ça m’empêche d’être compréhensible au téléphone ».

Aujourd’hui, alors qu’elle n’écrit quasiment plus à la main et utilise des applications ou son ordinateur, elle accomplit son rêve de devenir écrivaine, tout en restant humble. « Comme j’aime à le dire, si j’avais dû pleurer à chaque souci de santé, je me serais noyée dans mes larmes. Je pense que je suis plus optimiste et je chéris la vie plus qu’un être humain lambda, c’est sûr ».

« Éduquer en faisant rêver »

Depuis le début de sa vie, elle se bat pour initier les personnes autour d’elle sur ce qu’elle vit. « J’ai assez mal vécu ma rentrée en primaire, aucun enfant ne voulait s’approcher de moi. J’ai appris que c’était parce que leurs parents avaient peur qu’ils n’attrapent ma maladie. Ma mère a fait intervenir un médecin pour instruire sur la mucoviscidose. Du jour au lendemain, tous mes camarades de classe se sont mis à jouer avec moi ».

Ces contes destinés aux deux à sept ans, sont donc également un moyen d’éduquer « en faisant rêver ». Elle indique : « D’une certaine manière, c’est pour éviter qu’une personne dans la même situation que moi se retrouve seule comme j’ai pu l’être. J’ai écrit ces contes pour faire sourire les lecteurs mais aussi pour que les parents puissent inculquer des valeurs à leurs enfants tout en les amusant. »

« Les mots s’envolent, les écrits restent »

En deux mois, l’Antiboise a d’abord imaginé les morales, puis les histoires. Ensuite, elle a trouvé des illustrateurs différents pour chaque conte, deux sont Français, quatre Indonésiens et deux autres viennent des États-Unis. « C’était important de faire découvrir différents styles de dessins. Je veux vraiment faire un livre découverte parce que c’est à cet âge qu’on apprend le mieux. »

Elle conclut : « Les mots s’envolent, les écrits restent », c’est donc la meilleure façon pour elle de transmettre « ces contes qui comptent ».

À partir du 1er mai, il sera possible de contribuer à un financement participatif afin de concrétiser son projet. Le livre coûte vingt euros.