Confinement dans les Alpes-Maritimes : À Breil-sur-Roya, les habitants souffrent toujours de la tempête, pas des nouvelles restrictions

COVID-19 Le village a été dévasté lors du passage de la tempête Alex en octobre 2020 et a « encore besoin d’aide pour se reconstruire »

Elise Martin
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En octobre 2020, la tempête Alex a dévasté le village de Breil-sur-Roya
En octobre 2020, la tempête Alex a dévasté le village de Breil-sur-Roya — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Les habitants de Breil-sur-Roya n’ont pas l’impression de subir les nouvelles mesures sanitaires, « le plus important, c’est la reconstruction après le passage de la catastrophe », selon eux.
  • Le maire de la commune, Sébastien Olharan, estime que ces mesures sont « incompréhensibles » pour un village comme Breil-sur-Roya. Pour lui, une tolérance devrait être appliquée par rapport « aux villes du littoral à forte densité de population ».

Depuis une semaine, le gouvernement a annoncé un nouveau confinement pour de nombreux départements dont les Alpes-Maritimes. Restrictions des déplacements, fermeture des commerces dits « non essentiels », des mesures qui finalement « ne touchent pas vraiment » les habitants du village de Breil-sur-Roya,  touché par la tempête Alex en octobre 2020.

« Le confinement, le couvre-feu, ce n’est pas pire que ce qu’on a déjà vécu, lance Diego Soma qui tient un magasin de vélos. La commune est vide mais c’est à cause de la tempête et des routes toujours coupées ». À côté, sur la place Biancheri, la buraliste Véronique Brunori renchérit : « Personnellement, ça ne change pas grand-chose avec l’état actuel des vallées. S’il n’y avait pas de nouvelles mesures, ce serait pareil. Il n’y a que des gens du village qui passent. Le problème, c’est qu’ils se sentent délaissés. Depuis trois mois, on a l’impression que plus rien ne se passe. »

« La priorité, c’est de reconstruire »

Lyuba Sofronieva, coordinatrice de l’antenne du Secours populaire à Breil-sur-Roya fait le même constat. « La priorité, c’est de reconstruire. Après la catastrophe, il y avait beaucoup de monde. Maintenant, c’est très calme. On a parfois le sentiment d’être abandonné, d’être seul au monde alors que les travaux n’avancent pas très vite et qu’il reste énormément de choses à faire. Même sans restriction, il n’y a plus personne dans les rues à 18 h ». Elle ajoute : « Quels que soient les changements, ceux qui restent ont besoin de nous. Des bénévoles peuvent continuer de venir avec une attestation. Il y a des Niçois qui en profitent pour se rendre utile en venant ici le week-end pour aider. »

Les possibilités de continuer les travaux et le bénévolat sont des questions auxquelles le maire Sébastien Olharan a dû répondre au moment des annonces. « Ça provoque une accumulation de mauvaises nouvelles alors qu’une distinction avec les villes à forte densité sur le littoral aurait été plus intelligente, affirme-t-il. Psychologiquement, c’est difficile à vivre. Ce sont des contraintes supplémentaires pour des populations déjà fragilisées par les événements antérieurs. Ça rajoute de la crainte à l’isolement avec un avenir quotidien incertain ».

Une tolérance pour une vie normale « prétempête »

Lors d’une réunion la semaine dernière avec le préfet délégué chargé de la reconstruction des vallées, Xavier Pelletier, l’élu a demandé à avoir « une certaine compréhension » de sa part pour permettre d’avoir « une vie normale prétempête et continuer de reconstruire ». « Il a rappelé les règles en vigueur en acceptant quelques tolérances, mais à la marge », indique le maire.

Pour le moment, la seule préoccupation des habitants, dont Diego Soma, c’est « tourner la page pour retrouver des activités en espérant que toutes les routes seront accessibles normalement d’ici le début de l’été comme annoncé ».