Carros : « On fait face grâce aux grandes surfaces », comment un fabricant de glaces artisanales survit au Covid-19

COMMERCE Depuis 2010, Laurent et Stéphane Bernardoni ont repris l’entreprise familiale créée en 1956 par leur grand-père à Nice

Elise Martin

— 

Stéphane et Laurent (à droite) Bernardoni ont repris l'entreprise familiale de fabrication de glaces artisanales en 2010
Stéphane et Laurent (à droite) Bernardoni ont repris l'entreprise familiale de fabrication de glaces artisanales en 2010 — Neige Azur
  • De la secrétaire au livreur, Neige Azur représente une douzaine d’employés.
  • L’entreprise familiale a toujours travaillé avec les professionnels. Depuis quatre ans, elle s’implante chez les particuliers à travers les grandes surfaces et les écoles niçoises.
  • Avec le Covid-19, « la demande a explosé ».

À l’annonce du premier confinement, les deux frères Laurent et Stéphane Bernardoni se sont dit qu’ils vivaient les derniers moments de Neige Azur. Depuis trois générations, ces fabricants de glace artisanale, dont l’usine est à Carros, près de Nice, collaboraient exclusivement avec les professionnels. « Comme tout le monde, nous n’étions pas prêts, commente Laurent Bernardoni. On s’est alors automotivés. À partir de début avril, on est parti à la chasse aux grandes surfaces pour s’implanter dans les seules enseignes qui restaient ouvertes et là où les consommateurs continueraient d’aller ».

Après un an, le bilan « n’est pas bon mais on est toujours là », se rassure le Niçois. Sur les deux millions de chiffre d’affaires, l’entreprise a perdu 400.000 euros. La recette, « ça fait quatre ans qu’on travaille dessus ». « En 2017, on a commencé à travailler avec la grande distribution pour que les particuliers connaissent d’où viennent les glaces qu’ils mangent au restaurant. Depuis le Covid, la demande a explosé. » Et pour cause, Neige Azur est le dernier fabricant en France à faire ses glaces et sorbets de manière artisanale avec une production de 1.000 pots d’un litre par jour.

« Avec la crise sanitaire, on voit que le consommateur se dirige davantage vers un marché plus local. Il veut être rassuré, il veut savoir ce qu’il y a dans les produits qu’il achète et la façon dont s’est fait », analyse le fabricant.

« On a besoin des restaurateurs, c’est vital pour nous »

En plus des grandes surfaces, Neige Azur s’est installé dans les écoles niçoises. « Par mois, ça peut représenter 40.000 pots d’un litre en fonction des commandes, continue Laurent Bernardoni. Pour nous, c’est très intéressant parce que les enfants sont les plus gros consommateurs de glaces. S’ils aiment nos produits, ils se souviendront du pot quand ils iront en courses. Pour les parents, c’est rassurant de savoir que les glaces servies à la cantine sont faites de manière artisanale, avec de bons produits et à côté de chez eux. La boucle est bouclée ! »

En un an, Neige Azur a doublé ses partenariats avec les grandes surfaces. Mais malgré ce nouveau marché en expansion, , l’entreprise familiale espère retrouver « au moins 70 % de sa clientèle professionnelle » sur les 250 restaurants qui travaillaient avec eux avant. L’un des deux gérants développe : « L’entreprise a toujours fonctionné avec les restaurateurs, ça fait partie de notre identité. Je n’attends qu’une chose, c’est d’avoir une date de pré-ouverture. On est toujours très dépendant d’eux. C’est même vital pour nous ».

En attendant une « reprise de la vie normale », Laurent Bernardoni continue à démarcher la grande distribution de la Côte d’Azur. « C’est de cette manière qu’on fait face. Après, on n’a pas l’ambition de servir toute la France. On veut rester local. Mais ce serait une grande fierté de continuer à développer notre offre pour les particuliers et chez les professionnels azuréens après tout le travail qui est fait par notre famille depuis 1956. »