Nice : Plus de 189.000 euros et 30 kg de drogues dures saisis, une affaire « rare » pour les policiers

TRAFIC L'individu à la tête de l'affaire agissait « seul, comme un chef d'entreprise » 

E.M.

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La saisie du service de sûreté départementale des Alpes-Maritimes comprend plus de 30 kg de drogues qui correspondent à un montant de plus de 189.000 euros
La saisie du service de sûreté départementale des Alpes-Maritimes comprend plus de 30 kg de drogues qui correspondent à un montant de plus de 189.000 euros — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • La sûreté départementale des Alpes-Maritimes a saisi lundi plus de 13 kg d’ecstasy, 9 kg de cocaïne, 4 kg de MDMA, 2 kg d’herbe de cannabis, presque 2 kg de kétamine et 1 kg de méphédrone.
  • Le confinement multiplierait la diffusion de ces drogues dans des soirées clandestines pour des publics aisés, selon le commissaire adjoint à la sûreté départementale des Alpes-Maritimes.

« Cette affaire est surprenante par la quantité des produits mais surtout par la personnalité du dealer », indique Aurélien Froger, commissaire adjoint à la sûreté départementale des Alpes-Maritimes. Lundi, un individu a été interpellé dans le secteur de Nice. La police a saisi à son domicile 189.825 euros en liquide et plus de 13 kg d’ecstasy, 9 kg de cocaïne, 4 kg de MDMA, 2 kg d’herbe de cannabis, presque 2 kg de kétamine et 1 kg de méphédrone. Il agissait seul depuis deux ans.

L’homme âgé de 25 ans a « monté une entreprise extrêmement rentable », indique le commissaire. « Il était inconnu de nos services. Il est parti de rien et n’avait aucune connaissance dans le domaine. Tout a commencé après un changement de vie professionnelle. Il a débuté sur le dark net pour avoir accès aux produits et aux fournisseurs. D’habitude, on a plutôt affaire à des petites sociétés. Là, on est face à un autoentrepreneur ». Et comme pour un magasin, il avait ses horaires d’ouverture et de fermeture.

De la drogue qui circule dans des fêtes clandestines, sans contrôle

Le jeune chef d’entreprise était « à l’écoute de la demande de ses clients ». Il leur proposait des produits très diversifiés et de très bonne qualité. « Il pouvait changer de fournisseurs si ce n’était pas satisfaisant ». Autre particularité, « ce n’était pas un consommateur, il ne faisait que revendre ».

« Il a réussi à avoir sa propre clientèle régulière d’une trentaine de personnes. Comme ce sont des produits assez chers, de 10 à 20 euros le comprimé d’ecstasy, on peut conclure que clients étaient issus d’une catégorie socioprofessionnelle assez élevée et pour une consommation festive. Il faut avoir les moyens de prendre ce genre de drogue », continue Aurélien Froger.

Selon le commissaire, le confinement a multiplié les possibilités de diffuser cette drogue. « Il y a beaucoup moins de vigilance. Dans les soirées clandestines, tout est permis. Avec les mesures sanitaires, il est plus difficile de faire des contrôles ». Il félicite les enquêteurs d’avoir permis « d’écarter de la ville et de ses alentours cette quantité de drogues dures extrêmement dangereuses ». Ils travaillaient depuis janvier sur cette affaire.

Au total, trois personnes ont été interpellées, les deux autres suspects sont un ami endetté et un revendeur. Le « cerveau » risque jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.