Coronavirus à Nice : Des restaurants proposent « un peu de réconfort » aux étudiants avec des plats à deux euros

SOLIDARITE L’offre est passée de 20 à 50 repas par jour depuis lundi et durera « jusqu’au moins la réouverture », assure l’un des deux patrons des restaurants concernés

Elise Martin

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Asian Factory est l'un des deux restaurants qui proposent un plat à deux euros aux étudiants
Asian Factory est l'un des deux restaurants qui proposent un plat à deux euros aux étudiants — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Asian Factory et Posto17, sur la place du Pin, ont mis en place une offre « plat et dessert » pour 2 € pour tous les étudiants.
  • Après avoir distribué 500 repas en quinze jours, ils gonflent l’opération à 50 repas par jour, au lieu de 20, jusqu’à ce que les restaurants rouvrent.

Du chili con carne avec une galette au Nutella en dessert, le tout pour 2 euros. C’est l’offre réservée auxétudiants que propose Posto17, un restaurant de street food situé sur la place du Pin à Nice. À côté, chez  Asian Factory, c’est plutôt nouilles sautées et brioche caramélisée mais c’est toujours au même prix. Depuis le 1er mars, les deux voisins ont décidé de faire d’abord 20, puis maintenant 50 repas par jour en plus de leur activité pour les « oubliés de cette période ».

« C’est l’annonce du confinement le week-end qui nous a fait réagir, lance Claude Abhissira, propriétaire de l’Asian Factory. Le peu d’étudiants qui avaient encore un petit boulot se retrouvait sans rien, ce qui en conduisait certains à ne plus manger ». Il y a trois semaines donc, les deux restaurants lancent cette offre en se répartissant dix réservations chacun. « Très vite, on a eu beaucoup de monde, reprend le patron du restaurant asiatique. Face à la demande, on a décidé de monter à 25 [repas] chacun. Et on continuera jusqu’au moins la réouverture des restaurants ».

Pour 2 euros « symboliques », l’étudiant reçoit un plat copieux et un dessert qu’il peut venir chercher entre 11 h 30 et 17 h 30, du lundi au vendredi. « Il suffit de nous envoyer un message sur Instagram ou de nous appeler la veille pour faire une réservation. C’est plus pratique niveau organisation », précise le patron d’Asian Factory.

« C’est agréable de pouvoir donner un peu de réconfort »

Pour Tony Kaia, employé du Posto17 depuis un an, cette action solidaire est nécessaire. « Les étudiants sont les oubliés de cette période. Je l’étais auparavant, je sais ce que c’est. Donc même si ça représente un effort et du travail supplémentaire pour le restaurant, c’est pour la bonne cause. En plus, on sait qu’ils vont manger un plat fait maison et avec des produits frais ».

Claude Abhissira ajoute : « En termes de chiffres, ça représente 10 % du fonds de solidarité. Si l’État peut être solidaire, on peut l’être aussi. Au final, on fait notre métier. C’est agréable de pouvoir donner un peu de réconfort. »

Cet élan de solidarité en inspire d’autres. Le patron raconte : « Certains clients, quand ils viennent chercher leur commande, nous disent d’ajouter deux euros à l’addition et de ne pas faire payer le prochain étudiant. »

« Un bon plat comme ça à deux euros, je n’y croyais pas »

Du côté des bénéficiaires, l’opération est plus qu’appréciée. Achille, en deuxième année de master de philosophie, s’enthousiasme en venant chercher son plat chez Asian Factory : « Quand on m’a parlé de cette initiative, je n’y croyais pas. Un plat comme ça à deux euros ? C’est incroyable ! »

Juline Bruno, en deuxième année de licence sciences de la vie, partage cet avis. « Je n’avais jamais mangé de ce genre de plat avant. D’habitude, dans ma chambre de 9 m2 en résidence avec une cuisine partagée, je suis plutôt une adepte des plats tout prêts. Ça fait plaisir de bien manger et de voir qu’on se mobilise pour nous. »

« C’est vraiment gentil de la part des restaurateurs, confirme Sandra Sannuto, en fac de droit. Parce que c’est difficile de trouver des repas abordables pour les étudiants surtout en ce moment. Là, j’ai eu du riz sauté avec poulet et comme dessert une brioche caramélisée. Ça change des plats du Crous qui ne sont pas forcément très équilibrés ou goûteux. »

Tous sont unanimes. Ils retenteront l’expérience parce qu’ils ont été séduits et rassasiés. « On va essayer de faire évoluer l’offre pour qu’encore plus d’étudiants soient heureux de ce petit geste. C’est en projet parce que ça dépend d’autres facteurs et partenaires mais on y pense », confie le restaurateur.