Nice : Vingt-huit portraits de femme investissent la promenade des Anglais pour « donner un message d'espoir »

FEMINISME L’exposition a d’abord été accrochée à Paris avant de voyager jusqu’à la Côte d'Azur et d’intégrer onze portraits de femmes qui agissent localement pour les libertés

Elise Martin

— 

L'exposition « Libres et égales » de Sylvia Galmot a été inaugurée à Nice le 8 mars 2021 sur la promenade des Anglais
L'exposition « Libres et égales » de Sylvia Galmot a été inaugurée à Nice le 8 mars 2021 sur la promenade des Anglais — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • L’exposition a été inaugurée le jour de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, et restera pendant trois mois.
  • Une avocate, une journaliste, une personne qui travaille dans un milieu associatif, toutes les femmes, de tous les horizons et milieux sont représentées « pour que chacune puisse s’identifier et ne plus se sentir seule ».
  • Le nombre 28 représente le nombre de jours d’un cycle de la femme.

C’est comme si vous retrouviez un groupe d’amies. Quand vous passez sous la pergola en face du Palais de la Méditerranée à Nice, depuis ce lundi, 28 femmes vous accueillent, vous regardent et vous parlent.

« Tout est possible, car nous sommes résilience », affirme Aïssa Maïga, actrice et réalisatrice. « Un tyran dont on n’a plus peur est un tyran vaincu », lance Marie-France Hirigoyen, docteure en médecine. « Vous n’êtes pas seules ! », assure Natacha Himelfarb, déléguée aux droits des femmes et à l’égalité à la préfecture des Alpes-Maritimes. Célèbres ou non, 28 portraits de personnalités, dont 11 Niçoises, de tous les horizons et de tous les milieux se retrouvent accrochés sur la promenade des Anglais pour véhiculer ce message d’espoir : « Nous sommes là, libres et égales », indique Sylvia Galmot, la photographe à l’origine de l’exposition.

« Je sens qu’on avance dans ce combat »

« J’ai imaginé, conçu et rêvé "Libres et égales" [le titre de l’exposition] pour que tout le monde y ait accès, développe l’artiste. Il fallait que ce soit à ciel ouvert pour que l’exposition soit utile, qu’elle touche n’importe quelle personne en lui redonnant confiance en elle. Je veux que chacun puisse, à travers ces portraits, s’identifier et se sentir uni, cru et protégé par ces destins ». En noir et blanc, sur fond neutre, avec leurs propres vêtements, les femmes ont été photographiées « en toute simplicité ».

« Ce qui me touche, c’est ce regard et sa posture », lâche Iw Zambano, 27 ans qui s’est arrêtée de courir pour prendre des photos. Un peu plus loin, c’est une cycliste, Nicole Ayerbersier, qui vient d’Antibes, qui a stoppé sa course pour lire. « On est passé une première fois à l’aller et au retour, je me suis dit qu’il fallait que je voie de quoi il s’agissait ». Elle ajoute : « Ça me touche particulièrement parce qu’en tant que femme de 59 ans, je sais que la route est longue pour nous dans ce combat. Grâce à ces initiatives, je sens aussi qu’on avance et que c’est l’heure, on y va et on a des femmes derrière nous ».

Patricia Deguerry, retraitée, partage cet avis : « Il y a un vrai mouvement en marche, on se sent mobilisé et on prend en charge notre destin. Ce qui est intéressant avec cette exposition, c’est qu’il y a des femmes de toutes les tranches d’âge mais aussi de la diversité ».

« Vous n’êtes pas seules »

Celle qui ouvre l’exposition, c’est Farah Chebli, avocate au barreau de Nice. Pour elle, « c’est un honneur de participer à ce projet ». Elle développe : « À travers mon métier, je me fais porte-parole des femmes. Je veux qu’elles sachent qu’elles ne sont pas seules et qu’on lutte ensemble ». C’est ce message qu’a également voulu porter Natacha Himelfarb, déléguée aux Droits des femmes et à l’Egalité à la préfecture des Alpes-Maritimes. « Il faut éviter à tout prix l’isolement des victimes de violences. Il faut montrer que des structures existent. Au département, nous avons près de 270 partenaires de tous les secteurs dans ce combat ».

Les Niçoises qui sont exposées « représentent ce travail quotidien et local pour les libertés et la dignité des femmes », précise Maty Diouf, déléguée aux Droits des femmes à la mairie de Nice, qui a porté le projet avec l’aide de Laura Tenoudji. « Elles sont liées aux autres célébrités parisiennes parce qu’elles sont toutes aussi inspirantes et impliquées », dit-elle.

Elle ajoute : « L’idée était de mettre à l’honneur des femmes qui représentent la pluralité de la ville et qui incarnent l’audace et le leadership de demain. Chacune apporte sa pierre à l’édifice ». « Quand elles sont seules, les femmes se croient invisibles, mais quand elles sont ensemble, elles sont invincibles », conclut l’adjointe au maire.

Quoi de mieux alors que la Prom' pour investir l’espace public ? Pour Maty Diouf, c’est symbolique, c’est « la vitrine de la ville et un clin d’œil de soutien et solidarité aux femmes de l’autre côté de la Méditerranée ». Pour la photographe, c’est « la lumière, l’espace, l’horizon ». Au final, « il n’y a pas qu’une interprétation ou qu’une seule parole, c’est ça le but, continuer de la libérer ».