Coronavirus à Monaco : Des terrasses bondées mais des boutiques de souvenirs désertées

EPIDEMIE Depuis le 2 janvier, pour manger en terrasse, il faut réserver et présenter un justificatif de travail ou de résidence sur le Rocher

Elise Martin

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Sur la place d'Armes, à Monaco, le 4 mars 2021
Sur la place d'Armes, à Monaco, le 4 mars 2021 — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Le service du midi est assuré mais pas celui du soir, un couvre-feu de 19 heures à 6 heures étant en place jusqu’au 19 mars.
  • Si la vie continue presque normalement dans une partie de la ville, le Rocher souffre du manque de touristes étrangers.

Vingt minutes de train séparent Nice de Monaco. Pendant le trajet, on peut voir défiler le paysage mais on laisse aussi derrière nous le prochain  confinement partiel et localisé du week-end ou la fermeture des restaurants.

En effet, de l’autre côté de la frontière, d’autres restrictions sanitaires sont appliquées. Ce qui n’empêche pas une partie de la ville de dormir, amputée de ce qui la fait exister : les touristes.

« Manger dehors, c’est magnifique »

« Le midi, on profite parce qu’on sait que le soir et le week-end, on ne pourra pas », lâche Yoann qui est venu déjeuner sur la terrasse du Pasqualini il caffee avec ses quatre collègues. Il vit à Nice mais son entreprise est à Monaco. « Partager un bon moment en dehors du boulot, pour manger, c’est magnifique », renchérit Stéphane, assis à côté de lui. Il ajoute : « On va beaucoup moins au restaurant qu’avant, c’est une à deux fois par semaine. Je pense qu’on n’est pas les seuls. D’habitude, sur cette place, c’est bondé. Tout le monde se touche ! »

Depuis le 2 janvier, pour manger un sauté de veau aux légumes au soleil comme Yoann et Stéphane, il est nécessaire de justifier d’une résidence ou d’un travail dans la Principauté et de réserver au préalable. Seuls les services du déjeuner sont assurés.

D’après deux serveurs du Quai des artistes, sur le port, « il y a toujours une fréquentation élevée des travailleurs la semaine, même avec le télétravail. Le week-end, ce sont majoritairement des Monégasques, mais il y a du monde ». Monaco compte près de 50.000 emplois et 38.100 habitants, sur deux kilomètres carrés.

Un restaurant dans le quartier de Fontvieille
Un restaurant dans le quartier de Fontvieille - E. Martin / ANP / 20 Minutes

« On se sent privilégiés »

Le fait d’aller au restaurant, c’est ce qu’a principalement attiré Camille Poidevin et Célia Boudjemline à Monaco. « On peut manger dehors. Ça fait du bien ! », lance Camille Poidevin. Les deux amies viennent d’Aix-en-Provence et sont là en week-end. Elles ont dû effectuer un test PCR et faire une déclaration de non-contagiosité. Après, l’hôtel leur a délivré une attestation qui permet d’être considéré comme résident le temps du séjour et donc d’aller manger dehors le midi. « Les services comme le hammam, la piscine ou la salle de sport sont fermés. Pour deux nuits au Novotel, ça nous a coûté 150 euros par personne », précise Célia Boudjemline.

« On est à deux heures de chez nous mais on est complètement dépaysées, indique l’Aixoise. J’étais déjà venue, c’était vraiment rempli de monde. Le côté positif en cette période, c’est qu’on voit Monaco différemment. On a l’impression d’avoir la ville pour nous ». Ce jeudi midi, à la mythique relève de la garde sur le Rocher, seulement une vingtaine de personnes étaient présentes. Elle complète : « On se sent vraiment privilégiées ».

Vingt-six décès depuis le début de la crise

Privilégiées au point où elles pourraient être accueillies comme des célébrités dans les boutiques souvenirs du Rocher. Manuela Spinelli qui travaille depuis cinq ans à la Bottega d’a roca trouve « le temps très long ». « Il y a trois touristes pour une vingtaine de magasins. Et les touristes qui sont là, ce sont des personnes de proximité, ce ne sont pas ceux qui nous font gagner notre vie ». Elle ajoute : « On fait vraiment des petites journées mais j’ai de la musique, je parle avec les voisins. On se sent d’autant plus seuls puisque ce sont les vacances scolaires. C’est spécifique au Rocher, en bas, ce n’est pas du tout la même ambiance ». La Principauté accueille habituellement près de 355.000 touristes par an.

De l’autre côté de la ville, une file se forme devant le Casino Café de Paris. Une personne contrôle tout le monde : il faut résider dans le 06 ou le 83 ou présenter un test PCR négatif pour accéder au casino. La jauge à l’intérieur est fixée à 350. En quinze minutes, une cinquantaine de personnes sont entrées. Effectivement, pas de problème de fréquentation de ce côté-là…

Depuis le début de la crise, 26 personnes sont décédées à Monaco, 1.981 ont été touchées par le Covid-19 et 1.754 en ont été guéries. Actuellement, dix patients sont en réanimation, 29 sont hospitalisés dont 15 résidents.