Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : La barre des 1.000 morts dépassée, les hospitalisations encore en hausse... On fait le point sur l'épidémie

CRISE SANITAIRE Le département le plus touché de France est soumis à de nouvelles restrictions

Fabien Binacchi

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A l'hôpital Simone-Veil, à  Cannes (Illustration)
A l'hôpital Simone-Veil, à Cannes (Illustration) — SYSPEO/SIPA
  • Depuis dix jours, les indicateurs sanitaires atteignent des records et continuent d’empirer dans les Alpes-Maritimes.
  • Le taux d’incidence, nombre de cas confirmés pour 100.000 habitants, dépasse les 735 à Nice, ce qui est trois fois plus élevé que la moyenne nationale, à 190.
  • La capacité des services de réanimation est largement dépassée. Des transferts de patients dans d’autres régions sont à l’étude.

Au cours des deux prochains week-ends, 90 % des Azuréens seront priés d’éviter les déplacements inutiles. Une mesure de confinement partiel et localisé, inédite en France métropolitaine, décidée face à une flambée de l’épidémie de Covid-19. Les indicateurs sanitaires virent franchement au rouge depuis une dizaine de jours, et continuent même d’empirer.

Le taux d’incidence continue d’augmenter

C’est l’un des indicateurs les plus parlants en matière d’épidémie. Le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de cas quotidiens pour 100.000 habitants, atteint désormais 588 dans les Alpes-Maritimes, et dépasse même les 735 dans la métropole niçoise. C’est le maximum, et de loin, enregistré en ce moment en France métropolitaine, et c’est aussi plus de trois fois la moyenne nationale (qui s’établit à 190).

Le nombre de morts à l’hôpital dépasse le millier

Durant le week-end, le nombre de morts imputés au Covid-19 dans les hôpitaux du département a également dépassé la barre symbolique des 1.000 décès depuis le début de l’épidémie : 1.002 exactement, soit 11 de plus que vendredi. Un chiffre auquel il faut rajouter les morts enregistrés dans les Ehpad azuréens : 392 depuis le début de la pandémie.

Les services hospitaliers en surchauffe

Selon les derniers chiffres de l’agence régionale de santé (ARS), publiés ce lundi soir, les unités d’hospitalisation conventionnelle ont accueilli 43 malades supplémentaires pendant le week-end (377 au total). Avec 106 personnes en réanimation, la capacité initiale de ces services est très largement dépassée (121,8 %) et 90,6 % des lits (y compris ceux spécialement libérés) sont occupés. En plus de trois transferts de patients organisés ces derniers jours dans d’autres départements de Provence-Alpes-Côte-d'Azur, de nouveaux déplacements de malades azuréens en dehors de la région sont à l’étude.

Les variants, cause d’un « rajeunissement des patients hospitalisés » ?

Depuis quelques jours, le Pr Michel Carles, chef du service infectiologie du CHU de Nice, note « une accélération » de la « tension » dans les hôpitaux avec « des patients qui sont plus jeunes ». « L’hypothèse formulée, c’est que ce soit en lien avec l’arrivée du variant anglais, qui est en train de prendre la place de la souche européenne », avance le spécialiste. Réputé jusqu’à 70 % plus contagieux, ce variant serait désormais responsable de plus de 50 % des contaminations dans les Alpes-Maritimes.