Confinement dans les Alpes-Maritimes : « Ça ne va servir à rien » pour les uns, nouveau « coup dur » pour les autres

CRISE SANITAIRE Le préfet a annoncé un confinement du vendredi 18 heures au lundi 6 heures les deux prochains week-ends sur le littoral

Elise Martin

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Sur l'avenue Jean-Médecin, en plein centre de Nice
Sur l'avenue Jean-Médecin, en plein centre de Nice — SYSPEO/SIPA
  • Compte tenu de la situation sanitaire actuelle dans le département et la venue du ministre de la Santé ce week-end, le préfet a annoncé de nouvelles mesures ce lundi midi.
  • Un confinement le week-end, pour les villes du littoral, une heure de sortie avec une limite de cinq kilomètres autour du domicile, les habitants de Nice ont réagi sur ces mesures.

La pause déjeuner a été l’objet de grandes discussions ce lundi dans les rues de Nice. Sur la place Masséna, près du cours Saleya ou sur la promenade des Anglais, tout le monde parlait des mesures annoncées ce lundi midi par Bernard Gonzalez, le préfet des Alpes-Maritimes. De nouvelles restrictions de déplacement seront en vigueur sur l’aire urbaine littorale, de Menton à Théoule-sur-Mer, pour les deux prochains week-ends. « Les sorties sont autorisées avec une attestation dérogatoire », a précisé le préfet.

« Tout ça pour ça ? lâche Olivier, 56 ans. Ça ne va servir à rien ». Son ami Mickaël de 25 ans partage cet avis. « Ce sont des mesurettes, ce n’est pas assez fort et surtout, c’est de moins en moins crédible. La seule réaction qu’on peut avoir de ces annonces, c’est d’en rire ». Finalement, le seul point contraignant pour ces Niçois, c’est le fait de « ne plus pouvoir profiter d’un petit verre de rosé pendant leur repas » le long de la Prom. Le préfet a annoncé que « la diffusion de musique amplifiée et la consommation d’alcool sur la voie publique sont également interdites ».

« J’ai bien fait de profiter de ma sortie vélo ce week-end »

Du côté de la place Masséna, Nathalie Ewald, Béatrice Mazoyer et Christine Lucki, ces trois collègues du secteur administratif dans la restauration, trouvent « qu’à un moment, il faut prendre des décisions » même si elles ne pourront plus profiter de leurs loisirs. « On aurait dû travailler le week-end pour être libre la semaine », plaisante Nathalie Ewald. Elle poursuit : « J’ai bien fait de profiter de mes 50 km de sortie vélo ce dimanche. Avec la limite d’une heure et cinq kilomètres, je ne pourrais plus faire ça ». Mais elles pensent à leurs collègues qui « souffrent depuis un an » comme « aux touristes qui sont déjà là ». Les trois amies concluent : « Ces décisions auraient pu être prises avant ».

Même constat près du cours Saleya. Romain Maison et Léo Mounzer travaillent dans les locations saisonnières. Pour eux, ces mesures vont « inciter les touristes à ne plus venir ». « C’est encore un coup dur pour notre domaine mais je me demande s’il n’aurait pas mieux fallu faire deux semaines de confinement général et strict. Je ne suis pas sûr que ça ait des résultats ». Selon les professionnels du tourisme, « ce genre de mesures va nous entraîner jusqu’en avril ou juin ».

« On a du mal à saisir »

« Je suis étudiant en médecine à Nice », indique Wilfried Paquet, 19 ans. « J’habite à Grasse et ma copine à Valbonne. On va devoir décider si on préfère rentrer chez nos parents ou alors se voir. Avec les cinq kilomètres chacun, on va peut-être réussir à se croiser », plaisante-il. Il reprend : « On comprend ce genre de mesures, mais on n’aurait pu s’en passer. Ce qui est contestable, c’est le couvre-feu à 18 h et le fait que ce soit injouable dès 16 h pour faire ses courses. On a du mal à saisir ».

Si la situation venait à s’aggraver dans les jours à venir, Christian Estrosi demande même un confinement généralisé.