Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : Ce qu'il faut savoir sur le reconfinement localisé le week-end à Nice et sur littoral azuréen

CRISE SANITAIRE Le maire de Nice plaide même pour un confinement généralisé si la situation venait à empirer encore dans les jours à venir

Fabien Binacchi

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Coronavirus dans les Alpes-Maritimes: Le préfet annonce un reconfinement partiel — 20 Minutes
  • Le taux d’incidence de l’épidémie atteint 590 dans le département et dépasse même les 700 cas positifs pour 100.000 habitants dans la métropole niçoise, soit plus de trois fois la moyenne nationale.
  • Le gouvernement a donc décidé d’instaurer un confinement local dans les communes littorales du département, une première en France métropolitaine.
  • Les déplacements seront interdits du vendredi 18 h au lundi 6 h, sauf attestation dérogatoire.

Les longs après-midi de balade dominicale sur la promenade des Anglais, les Niçois vont devoir s’en passer. Les deux prochains week-ends (au moins), les habitants de la cinquième ville de France et beaucoup d’autres Azuréens seront priés de rester chez eux. Face à une flambée du nombre de cas de Covid-19, le gouvernement a décidé d’instaurer un confinement local dans les communes littorales du département, une première en France métropolitaine.

La mesure a été prise « après une large concertation avec le corps médical, les élus et des acteurs économiques », selon le préfet, et alors que le taux d’incidence de l’épidémie atteint 588 dans les Alpes-Maritimes et dépasse même les 735 cas positifs quotidiens pour 100.000 habitants dans la métropole niçoise. Soit plus de trois fois la moyenne nationale (190). Et avec plus de 50% du variant anglais. Les services hospitaliers sont saturés (90 % d’occupation en réa) et des transferts extra-régionaux sont encore programmés, annonce l’ARS Paca. Une situation qui est « la conséquence de l’attractivité de notre département et de notre style de vie convivial », a expliqué Bernard Gonzalez.

Attestation dérogatoire du vendredi 18 h au lundi 6 h

Un « confinement partiel » est donc décidé pour les deux prochains week-ends, a confirmé Bernard Gonzalez, ce lundi, entre autres nouvelles mesures. Sur « l’aire urbaine littorale, de Menton à Théoule-sur-mer, qui concentre près de 90 % de la population et qui est le principal lieu de la contamination », les déplacements seront interdits du vendredi 18 h au lundi 6 h, sauf attestation dérogatoire.

Les sorties pour faire des courses, pour se rendre à des rendez-vous médicaux ou encore pour pratiquer une activité sportive dans un rayon de 5 km et pour une durée d’une heure seront autorisées comme lors des deux précédents confinements.

Christian Estrosi plaide pour un confinement généralisé si la situation venait à empirer
Christian Estrosi plaide pour un confinement généralisé si la situation venait à empirer - Capture d'écran Twitter

« On verra » s’il faut aller plus loin, a aussi précisé le représentant de l’Etat, n’excluant pas la mise en place d’un confinement généralisé si les chiffres venaient à empirer. Dimanche, Christian Estrosi a plaidé pour cette éventualité « si d’ici mercredi, le taux d’incidence progressait encore de plus de 10 % dans les Alpes-Maritimes ». L’élu (LR) justifiant sa position en expliquant avoir « consulté des professeurs du CHU de Nice qui font état plus que jamais du risque de déprogrammations d’interventions chirurgicales vitales ».

Le maire de Nice pour, les autres non

Encouragé par le maire de Nice, ce confinement le week-end n’a pourtant pas fait l’unanimité parmi les élus. Ceux de Grasse et Menton se sont notamment prononcés contre. Selon l’ancien ministre de la Santé et maire d’Antibes (LR) Jean Leonetti, interrogé par 20 Minutes, « les confinements partiels ne marchent pas », car « ils n’empêchent pas les contaminations dans le milieu familial et professionnel ». « C’est une décision à l’efficacité sanitaire limitée mais très pénalisante sur la vie sociale, avance l’élu. Elle a été prise par défaut car on n’a pas les moyens hospitaliers et vaccinaux. »

Sur ce point-là, le préfet a annoncé que le département allait recevoir « ce lundi 4.500 doses du vaccin Pfizer, en plus des 90.000 doses déjà prévues d’ici à la fin du mois de mars ». « Des milliers de vaccins d’AstraZeneca vont également arriver » pour les personnes de plus de 50 ans avec des comorbidités, a-t-il dit.

Le port du masque étendu et d’autres commerces fermés

Les autres mesures annoncées concernent le port du masque, étendu à « toutes les zones à forte fréquentation » de toutes les communes du département, et les centres commerciaux. Dès mardi, « les commerces et galeries marchandes de plus de 5.000 m2 ne pourront plus accueillir de public, hors alimentaire et pharmacies, mais resteront autorisés au click & collect et aux livraisons à domicile, a précisé le préfet. Pour les enseignes de plus de 400 m2, la jauge est portée de 10 à 15 m2 par personne. Toutes les surfaces devront se doter d’un médiateur Covid pour faire respecter les règles ». Les compétitions sportives profesionnelles, elles, seront maintenues.

Les frontières ne seront pas fermées mais « les contrôles seront accentués », a promis Bernard Gonzalez, confirmant l’information révélée par 20 Minutes dès samedi : « des vols entiers vont être testés dès leur atterrissage » dans les aéroports de Nice et Cannes-Mandelieu.

Sur la Côte d’Azur samedi, le ministre de la Santé Olivier Véran avait projeté l’instauration de « mesures complémentaires » pouvant aller « d’un couvre-feu renforcé à un confinement local le week-end ».