Nice : Voilà les rues qui seront concernées par la future « zone 30 » dans tout le centre-ville

CIRCULATION La mairie de Nice veut abaisser la vitesse et également limiter la présence des poids lourds dans une large zone

Fabien Binacchi
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Les feux rouges disparaîtront progressivement
Les feux rouges disparaîtront progressivement — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Une zone 30 sera instaurée progressivement dans le centre-ville de Nice d’ici à 2026.
  • Selon la carte des futures rues concernées, transmise par la municipalité en exclusivité à 20 Minutes, elle concernera une très large zone située entre les boulevards Grosso et Carabacel, de la mer jusqu’à l’avenue Thiers.

Il faudra bientôt lever le pied dans tout le centre-ville de Nice. La création d’une zone 30 généralisée a été confirmée à l’occasion du lancement du conseil local pour le climat, le 4 février. Et selon la carte des futures rues concernées, transmise par la municipalité en exclusivité à 20 Minutes, elle concernera toute la zone située entre les boulevards Grosso et Carabacel, de la mer jusqu’à l’avenue Thiers, sauf les voies qui bordent le boulevard du Paillon et bien sûr le Vieux-Nice et le quai des Etats-Unis.

Les rues concernées par la future zone 30
Les rues concernées par la future zone 30 - Ville de Nice

« Les travaux ont commencé dans le quartier des Musiciens et sur les rues Cronstadt et Guglia, annonce Gaël Nofri, l’adjoint au maire délégué à la circulation, au stationnement et à la logistique urbaine. Les premières suppressions de feux rouges interviendront dans le courant de l’année prochaine. Et toutes les rues seront progressivement aménagées en ce sens jusqu’à fin 2025-début 2026. »

Car avec l’instauration de cette zone 30, tous les feux de signalisation, sauf ceux des tramways, vont disparaître dans l’espace concerné. « Si l’abaissement de la vitesse ne permet pas vraiment de jouer sur la pollution, on sait que supprimer ces "stop-and-go" peut faire baisser les concentrations en oxyde d’azote jusqu’à -20 % et les particules fines jusqu’à -37 % », vante l’élu.

Une « zone à faibles émissions » pour les marchandises

Avec cette zone 30 « mais aussi l’augmentation du nombre des voies cyclables [un plan vélo doit être présenté en mars par la municipalité] et l’instauration d’une zone à faibles émissions "marchandises", nous sommes dans un projet d’aménagement global bénéfique pour la qualité de l’air », avance encore Gaël Nofri.

« Aujourd’hui 44 % de la pollution atmosphérique vient du transport de marchandises, alors on a décidé de faire avancer les choses sur ce plan-là », poursuit-il. Concrètement, « des points de logistique urbaine », des espaces de stockage, vont permettre aux camions de stocker leurs marchandises qui seront livrées avec des moyens « décarbonés » sur le dernier kilomètre. Soit en véhicule électrique, soit à vélo cargo.

« On travaille dans ce sens-là et nous n’avons pas d’avis contraire pour le moment. Le maire s’en est entretenu avec le président de la République en décembre », précise Gaël Nofri. Car le gouvernement doit imposer, normalement, à sept métropoles françaises, dont celle de Nice, l’instauration d’une zone à faibles émissions (ZFE) où seraient interdites les voitures polluantes des particuliers (via les vignettes Crit’Air). Pas les camions.

Les camions également privés du bord de mer ?

Le maire de Nice a également annoncé qu’il souhaitait prendre un arrêté interdisant les véhicules de plus de 3,5 tonnes sur la promenade des Anglais et le quai des Etats-unis dès le 1er juin. Un texte qui sera soumis à la validation du préfet des Alpes-Maritimes.

Interrogés par 20 Minutes, les services de l’Etat rappellent qu’il s’agit « de voies classées "routes à grande circulation [RGC]" » et que « tout arrêté touchant à la police de la circulation sur ces voies ne peut être pris qu’après avis du préfet ». Le maire de Nice a justement demandé le déclassement de ces axes au gouvernement.

En attendant, « le projet d’arrêté du maire de Nice est en phase d’analyse », poursuit la préfecture. « Quand il sera signé et publié, la régularité de cet arrêté pourra être contestée devant la juridiction administrative par toute personne ayant intérêt à agir », précise-t-elle encore. Les choses pourraient donc ne pas être aussi simples.