Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : Pourquoi tous ces cas ? « L’aéroport peut être une source de variants », avance un chercheur

INTERVIEW Le Pr Christian Pradier, chef du département de Santé publique au CHU de Nice, décrypte la situation du département des Alpes-Maritimes, depuis quelques semaines le plus touché de France métropolitaine

Propos recueillis par Fabien Binacchi
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Un test de dépistage du Covid-19 sur la Côte d'Azur (Illustration)
Un test de dépistage du Covid-19 sur la Côte d'Azur (Illustration) — Syspéo / Sipa
  • Situé sur un plateau très haut de l’épidémie de Covid-19, le département des Alpes-Maritimes est le plus durement touché de France métropolitaine.
  • Le Pr Christian Pradier, chef du département de Santé publique au CHU de Nice, indique qu’il n’est pas facile d’explique ce phénomène alors que la zone semblait plutôt épargnée lors de la première vague.

Le nombre de cas de Covid-19 pour 100.000 habitants le plus fort (490), des services de réanimation en surchauffe… Situé sur un plateau (très) haut de l’épidémie, le département des Alpes-Maritimes est le plus durement touché de France métropolitaine. Une situation qui perdure. Comment l’expliquer, alors qu’il était plutôt moins impacté que les autres, lors de la première vague ? 20 Minutes essaie d’en savoir plus avec le Pr Christian Pradier, chef du département de Santé publique au CHU de Nice.

Le Pr Christian Pradier

Quelle est la situation actuelle ?

Cela fait déjà cinq semaines que l’on est sur un plateau élevé. Avec un nombre important de cas et donc forcément une répercussion sur les services de soins. [La capacité initiale en réanimation est largement dépassée (117,2 %) et 92 % des lits, y compris ceux spécialement libérés, étaient occupés lundi soir selon l’ARS].

Cette vague qui impacte aujourd’hui plus fortement les Alpes-Maritimes peut-elle s’expliquer par un manque d’immunité dans la population ?

On n’en sait rien. Comme chez nous, le Grand Ouest a été moins touché pendant la première vague et pourtant il semble être toujours plutôt épargné aujourd’hui. D’autant plus qu’on se rend compte de plus en plus que l’épidémie d’aujourd’hui est due à des variants [l’anglais représente actuellement 40 % des contaminations selon l’ARS qui répertorie aussi au moins 50 cas de variants sud-africain] que l’immunité de la première vague n’a pas réussi à contrer.

Qu’est-ce qui pourrait alors justifier cette situation ?

Des études sont menées mais pour le moment on ne sait pas pourquoi un territoire est plus concerné par l’épidémie qu’un autre. De ce que je vois, je ne crois pas que les Azuréens respectent moins les gestes barrières que les autres Français.

Le positionnement touristique des Alpes-Maritimes pourrait-il être une piste ?

Là aussi il n’y a aucune certitude. Mais le fait d’avoir un aéroport international peut être une source de variants. L’initiative du maire de Nice de vouloir analyser les eaux usées des WC d’avions à leur recherche est intéressante. Cela peut permettre de prendre des mesures très rapidement.