Nice : Écologique et économique, le troc de vêtements s'ajoute à la tendance des friperies

MODE Le Club des Simone a déjà convaincu 300 adhérents en trois mois et s’impose, comme la tendance des friperies, comme une nouvelle alternative à la « fast fashion »

Elise Martin
— 
Le Club des Simone est une boutique d'échanges de vêtements qui a ouvert en septembre à Nice.
Le Club des Simone est une boutique d'échanges de vêtements qui a ouvert en septembre à Nice. — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Elsa Duval et Joël De Zerbi ont ouvert leur boutique d’échanges de vêtements dans le centre-ville en septembre avec un concept inédit dans la région.
  • Inspirés par ce qu’ils ont expérimenté au Canada, ils ont importé l’idée et dépoussiéré l’image qu’on avait en France de la friperie.
  • Ils s’ajoutent à la quinzaine de friperies qui ont poussé ces dernières années à Nice.

Avec les soldes prolongés de quinze jours, c’est le moment de faire des affaires… en affaires. Même si au Club des Simone, on parle plutôt de « soldes rebelles ». Dans ce magasin un peu particulier, il n’y a rien à vendre à part « un nouvel état d’esprit pour consommer autrement ». « Ici, c’est le vêtement qui fait office de monnaie d’échange. On privilégie le coup de cœur plutôt que la valeur monétaire », précise Joël De Zerbi, cogérant avec sa compagne Elsa Duval de la boutique du centre de Nice.

Des murs blancs, des penderies bien rangées et de l’espace pour circuler. « C’est un magasin qui semble classique mais où on propose de la seconde main, indique le propriétaire. On a voulu changer la vision qu’on a des friperies, où il y a des affaires partout ». Rien qu’à Nice, près d’une quinzaine de ce type de boutique ont émergé ces dernières années. Le couple se démarque et « dépoussière cette image » où les clients « peuvent se sentir oppressés ». Pour autant, en trois mois et demi, leur stock est passé de 1.600 à 4.500 pièces.

Quatre abonnements sont disponibles : à la journée (18 euros), au mois (22 euros), au trimestre (60 euros) ou à l’année (180 euros). En fonction des habits ramenés, en très bon état et de saison, on cumule des points. « Une veste vaut trois crédits, un tee-shirt, c’est un crédit », précise le cofondateur. Puis, on a autant de temps que notre abonnement le permet pour dépenser la cagnotte.

Renouveler sa garde-robe de façon illimitée

L’idée vient du Canada où le couple était adhérent de ce concept. « On n’avait pas beaucoup d’affaires et on a fait les quatre saisons sans jamais se lasser de ce qu’on portait tout en ayant une consommation écologique ».

C’est exactement ce que pense Laurène Dumas, adhérente depuis octobre, qui a pris « directement un abonnement à l’année ». Pour elle, « c’est comme si j’avais un dressing en illimité et que je faisais du shopping à l’infini pour 15 euros par mois ».

Le Club des Simone propose « tous les styles, du vintage à du très récent ». « Il y a ceux qui viennent pour le côté écologique, ceux pour l’aspect financier, ceux qui viennent parce qu’ils aiment chiner. Ou toutes ces raisons à la fois. On nous dit souvent qu’on a l’impression d’avoir vingt magasins en un », sourit Joël De Zerbi. « Il y a même une partie bébé/enfants, qui plaît énormément aux parents parce que ce sont dans ces années-là qu’on a le plus besoin de ce concept », ajoute Elsa Duval.

« Il y a une prise de conscience »

La situation sanitaire actuelle n’est pas un frein, au contraire. « De notre côté, on respecte un protocole strict de nettoyage. Du côté de nos clients, on voit qu’il y a une prise de conscience d’une nouvelle façon de consommer avec un porte-monnaie qui, parfois, a pris un gros coup », analyse le cogérant.

Au-delà de l’esprit de vente, le Club des Simone porte son nom pour que « le sentiment d’appartenir à une communauté », indique la cofondatrice. Quand ce sera possible, la boutique sera également un lieu de rencontres. En attendant, il est possible de participer à des ateliers de coutures et de broderie.