Nice : La ville se vante d'être « classée la plus sûre de France » dans une pub

SECURITE La mairie de Christian Estrosi (LR) s'est basée sur un palmarès, remis en cause par ses opposants politiques, pour communiquer dans la presse

Fabien Binacchi
— 
Un contrôle de police pendant le couvre-feu à Nice, le 25 octobre 2020 (Illustration)
Un contrôle de police pendant le couvre-feu à Nice, le 25 octobre 2020 (Illustration) — SYSPEO/SIPA
  • La mairie de Nice a pris une page pleine de publicité de Nice-Matin pour se vanter d’être « la ville classée la plus sûre de France » selon un palmarès du site participatif Numbeo.
  • Les opposants du maire, qui mettent en cause la méthodologie du classement, dénoncent « l’indécence » d’une « publicité bidon ».

Sa pleine page, samedi, dans le journal Nice-Matin, n’est pas passée inaperçue. En se basant sur un classement publié le 26 janvier par le site participatif Numbeo, la mairie de la capitale azuréenne y vantait les atouts sécuritaires de « Nice, ville classée la plus sûre de France » et 194e au niveau mondial. Elle déclenchait par la même occasion les foudres de ses opposants, dénonçant « l’indécence » d’une «  publicité bidon ».

La page de publicité a été commentée sur Twitter notamment
La page de publicité a été commentée sur Twitter notamment - Capture d'écran Twitter @injey06

C’est Robert Injey qui a dégainé le premier, lundi. Et l’ex-conseiller municipal communiste, candidat sur la liste Viva ! aux dernières municipales, n’y est pas allé de main morte : « La frénésie communicante du maire de Nice dépasse les bornes. De l’indécence d’abord à l’égard des familles touchées par les attentats qui ont endeuillé notre ville depuis 2016 et le dernier, il y a quelques mois seulement ».

« C’est très malvenu de leur dire que "La ville de Nice est la plus sûre de France" », a-t-il attaqué. D’autant plus que la municipalité se base sur un palmarès à la méthodologie qui pose sérieusement question, selon lui.

De la 194e à la 413e place en quelques jours

Il « ne repose sur aucun chiffre officiel, aucune enquête de l’Insee » et se base uniquement « sur des avis des voyageurs utilisateurs de Numbeo », analyse Robert Injey. « Il n’y avait en réalité que 57 contributions concernant Nice. Un chiffre témoignant donc d’une fiabilité plus que discutable », a abondé ce mardi l’élu RN Philippe Vardon.

Peu fiable et surtout très fluctuant. De nouveaux commentaires enregistrés ces derniers jours, et sans doute encouragés par les réactions des uns et des autres, ont poussé Nice dans les tréfonds du même classement. Ce mardi vers 19 heures, avec 159 contributions, la ville pointait… à la 413e position du même classement avec un indice de sécurité de 28,81/100 contre 59,01/100 le 26 janvier. Seulement 21 places devant Caracas, au Vénézuela, bon dernier.

« Voilà qui ferait presque sourire, si ce classement n’avait pas nourri des articles de presse et, surtout, n’avait pas donné lieu à une grosse opération de propagande dans les colonnes du principal journal local, aux frais des Niçois bien sûr », avance le chef de file du rassemblement national.

Contactée par 20 Minutes, la ville de Nice n’a pas souhaité réagir.