Ouverture d’un restaurant à Nice : « Cette image est très contre-productive », dénonce le syndicat des restaurateurs

INTERVIEW Christophe Souques, le vice-président de l’UMIH à Nice, ne « comprend pas » la démarche du patron du Poppies

Propos recueillis par Fabien Binacchi

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Christophe Wilson, le 27 janvier 2021, dans son restaurant de Nice ouvert illégalement
Christophe Wilson, le 27 janvier 2021, dans son restaurant de Nice ouvert illégalement — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Mercredi à midi, un restaurant de Nice a bravé l’interdiction d’ouverture décidée dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.
  • Une action que dénonce l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie Nice Côte d’Azur.

« On ne peut pas cautionner ça ». L'initiative illégale de Christophe Wilson, le restaurateur niçois qui a ouvert sa brasserie mercredi midi pour deux services, ne passe vraiment pas pour l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Nice Côte d’Azur. Son vice-président Christophe Souques (en photo, en médaillon) a répondu aux questions de 20 Minutes, ce vendredi, juste après la tenue d’une assemblée générale de cette organisation patronale.

Christophe Souques, le vice-président de l'UMIH Nice Côte d'Azur

Une instruction a été lancée en préfecture pour prononcer une fermeture administrative du Poppies, la brasserie de Christophe Wilson. Quelle est la position de l’UMIH après cet appel à la « désobéissance civile » ?

On peut très bien comprendre qu’il y ait des gens désespérés en ce moment. Mais on ne peut évidemment pas cautionner ça. D’autant plus dans ce cadre-là, où tout se mélange avec le mouvement des « gilets jaunes » [parmi les clients présents ce jour-là] et avec un patron qui embauche du personnel en situation irrégulière.

Christophe Wilson, dont l’image sans masque au-dessus de ses assiettes a fait le tour des réseaux sociaux, explique à Nice-Matin qu’il « ne regrette rien »…

Cette image est forcément très contre-productive par rapport à tout ce qu’on essaie de mettre en place. Et alors qu’on passe notre temps et notre énergie à essayer de défendre le bifteck de la profession. On pense qu’il s’agit de quelqu’un de très mal entouré, mal conseillé et qui a dû perdre pied. Nous lançons un appel. L’UMIH est là pour l’accueillir, l’écouter et le conseiller de manière à l’aider à reprendre conscience de la normalité.

Que dire aux autres restaurateurs qui seraient tentés de suivre son appel ?

Qu’ils viennent nous voir. Que tous ceux qui rencontrent des problèmes financiers sachent qu’on a un certain nombre de solutions à leur proposer. Nous sommes en lien constant avec la préfecture, la Direccte [la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi] et les autres organismes. On a quand même la chance d’être dans un pays où l’on peut dialoguer. J’ai beau essayer de comprendre la démarche de Christophe Wilson, je n’y arrive pas.

Quelle est la situation pour les établissements de Nice, métropole actuellement la plus touchée par l’épidémie de Covid-19 ?

Que l’on soit dans la Creuse ou sur la promenade des Anglais, l’équation est la même : on ne peut pas ouvrir. La difficulté que l’on rencontre peut-être un peu plus à Nice qu’ailleurs, c’est le coût des loyers. Si vous n’avez pas un bailleur conciliant, ça peut se compliquer très vite. Pour le moment l’impact n’est pas encore totalement visible, beaucoup de commerces sont sous protection, en redressement. On va vraiment pouvoir compter les morts, on table sur plus de 30 %, quand on pourra rouvrir, pas avant avril ou mai.