Nice : La garde à vue levée pour le restaurateur qui a ouvert illégalement mercredi

ENQUETE Christophe Wilson va être convoqué devant un délégué du procureur pour un rappel à la loi concernant l’emploi d’un cuisinier clandestin

Elise Martin

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Christophe Wilson, dans son restaurant le Poppies à Nice, ouvert illégalement le 27 janvier
Christophe Wilson, dans son restaurant le Poppies à Nice, ouvert illégalement le 27 janvier — E. Martin / ANP / 20 Minutes

Mercredi midi, Christophe Wilson, propriétaire du restaurant Le Poppies, au centre de Nice, a servi illégalement, sans masque ni  mesures sanitaires, une centaine de clients en signe de « désobéissance civile ».

Convoqué au commissariat central de Nice mercredi après-midi, le restaurateur a fini en garde à vue pour l’emploi de son cuisinier Moussa, en situation irrégulière. Ce dernier a été placé en rétention puis a été libéré avec une obligation de quitter le territoire (OQTF) dans un délai d’un mois. La CGT est « intervenue au niveau national en demandant au ministère l’annulation de cette OQTF », a confié l’UD CGT 06 à 20 Minutes.

Syndiqué, Moussa, né en 1986, faisait partie du collectif des travailleurs sans-papiers. Originaire de Côte d’Ivoire, il est arrivé sur le territoire français en 2011. Il était en CDI à temps partiel au Poppies depuis septembre.

Quant à Christophe Wilson, sa garde à vue a été levée ce jeudi « dans l’après-midi », a indiqué à 20 Minutes le procureur de la République de Nice. Il sera « convoqué devant un délégué du procureur pour un rappel à la loi pour recours à un étranger sans titre », a précisé Xavier Bonhomme.

Un acte de « résistance »

Un hashtag #LiberezChristophe s’était très vite répandu sur Twitter avec près de 10.000 utilisations en quelques heures. Une dizaine de personnes se sont même retrouvées jeudi matin devant le commissariat Auvare pour « manifester » et demander la libération de Christophe Wilson.

Le restaurateur avait informé depuis « deux, trois jours » son cercle d’ami de l’acte de « résistance » qu’il préparait. Une cinquantaine de personnes avaient alors réservé et attendaient dès 11 h 30 devant la brasserie pour prendre place sur sa terrasse couverte.

Après un passage des forces de l’ordre, le restaurateur avait tout de même réussi à faire deux services, proposant des gnocchis à la daube et des lentilles corail pour près d’une centaine de personnes au final.