Coronavirus à Nice : Comment le tourisme se prépare-t-il à une éventuelle interdiction de louer pendant les vacances d’hiver ?

CRISE SANITAIRE Les professionnels du secteur sont toujours en attente de l’officialisation d’une mesure qui pourrait rentrer en vigueur d’ici quinze jours

Elise Martin

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Location immobilière (illustration).
Location immobilière (illustration). — Pixabay/Sephelonor
  • Les vacances d'hiver commencent le 20 février pour les Niçois mais dès le 5 pour une partie des Français. 
  • Le préfet des Alpes-Maritimes ne s’est toujours pas prononcé sur l’application d’une interdiction des locations saisonnières.
  • Le président de l’Union nationale pour la promotion de la location de vacances, Timothée de Roux, dénonce l’injustice d’une telle mesure.

L’annonce sur les réseaux sociaux avait fait du bruit. Le 13 janvier, Christian Estrosi déclarait vouloir interdire les locations saisonnières à Nice pendant les vacances d’hiver pour mettre en place « des mesures de protection renforcées sur les déplacements, facteur de contamination ».

Tweets de Christian Estrosi le 13 janvier 2021 sur les locations saisonnières.
Tweets de Christian Estrosi le 13 janvier 2021 sur les locations saisonnières. - Capture d'écran du compte Twitter de Christian Estrosi.

Près de quinze jours plus tard, aucune mesure n’a été prise officiellement et les professionnels du secteur s’inquiètent. « Nous avons adressé un courrier à la mairie de Nice et au ministère du Tourisme. À l’heure actuelle, nous n’avons toujours aucune réponse alors que les vacances débutent dans quinze jours », s’exclame Timothée de Roux, président l’Union nationale pour la promotion de la location de vacances​ (UNPLV), qui représente 80 % des acteurs qui font de la location saisonnière comme Airbnb ou Abritel dont il est le directeur général.

La location saisonnière meublée, premier type de logement de vacances

« Je ne comprends pas pourquoi on veut fermer un secteur de l’hébergement », s’interroge le président de l’UNPLV. « Dès le début de la crise, nous avons mis en place un protocole sanitaire strict qui a été validé par le gouvernement. La location saisonnière meublée représente moins de risques de circulation que les hôtels par exemple ».

Timothée de Roux se plaint surtout d’une absence de consultation avec les acteurs de cette branche alors que, « lors de la saison estivale, nous avons largement contribué à compenser les pertes conséquentes dans l’économie générale ». Pour lui, « du moment que les touristes sont autorisés à partir en vacances » il faut « une stratégie équilibrée ».

« Combien de travailleurs vont rester sur le carreau ? »

Les loueurs oui, mais les prestataires liés au secteur aussi seront affectés par cette mesure. Julien Reynaud, de C et J conciergerie, travaille avec plus de 50 appartements de locations, pour le ménage, pour le check-in et check-out et la remise des clés. Il exerce cette activité depuis plus de dix ans.

« Tous les appartements avec lesquels je travaille sont vides. D’habitude, le mois de février nous permet d’équilibrer nos comptes pour qu’en avril ou mai, on commence à gagner de l’argent. Notre saison se termine au mois d’octobre et on a quatre mois sans argent. Donc là, ça commence à être compliqué. Plus ça dure, plus ça va être difficile de se relever ».

D’après lui, l’année 2021, serait également une année 0. « On est ce genre de société qui ne travaille que grâce aux touristes, donc sans eux, on se demande comment on va tenir. En plus, on fait très attention avec les règles sanitaires. Mon équipe de nettoyage désinfecte tout, nettoie et utilise les boîtes à clés pour être un service sans contact. Elle fait ça en étant masquée et en combinaison. Je m’en voudrais toute ma vie si à cause d’une location, un ou une employée, attrapait le Covid-19 ».

Il conclut au sujet de l'annonce du maire de Nice : « On ne peut pas tuer un pan de l’économie de cette manière, surtout quand il permet de faire fonctionner un écosystème dans son ensemble. Je ne suis pas scientifique mais combien de travailleurs vont être laissés sur le carreau ? Ça sera aussi dangereux que les centaines de morts chaque jour. On demande au moins que les touristes des départements puissent venir et qu’on puisse un peu travailler ».

Contactée par 20 Minutes aujourd'hui, la préfecture des Alpes-Maritimes confirme ne pas avoir encore pris de décision officielle. Elle pourrait éventuellement statuer après le Conseil de défense sanitaire qui a lieu cette semaine.