Coronavirus à Nice : La circulation du virus dans les eaux usées est en croissance continue

PANDEMIE L’agence de sécurité sanitaire, environnementale et de gestion de risques de la métropole Nice Côte d’Azur travaille avec les marins-pompiers de Marseille pour ces analyses

Elise Martin
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Le véhicule des marins-pompiers de Marseille pour la recherche du Covid-19 dans les eaux usées
Le véhicule des marins-pompiers de Marseille pour la recherche du Covid-19 dans les eaux usées — MN/BMPM/ETOURNEAU
  • Deux prélèvements sont réalisés par semaine pour analyser la circulation du virus.
  • Les eaux usées de 490.000 habitants de la métropole niçoise sont étudiées.
  • La période hivernale est plus propice à la transmission du virus, selon le directeur de l’agence de sécurité sanitaire de la métropole.

« On constate une croissance continue de la contamination des eaux usées du Covid-19 depuis le début des analyses. Tous les quartiers de la ville sont touchés », annonce Romain Gitenet, directeur de l’ agence de sécurité sanitaire, environnementale et de gestion de risques de la métropole de Nice. À partir de 4 % de la population contaminée, il estime que le seuil d’alerte est atteint. Le 21 janvier, c’était le cas de 8 % de la population dans le secteur des Moulins à Nice. Le 12 janvier, le quartier du port était celui où ce même pourcentage, considéré comme « très élevé », était détecté.

Mercredi, Christian Estrosi annonçait la présence du variant anglais du coronavirus dans les eaux usées. « Nous le localisons notamment dans les secteurs de Gambetta Ouest, Ouest Ville, et Les Moulins », a-t-il précisé. Des « séquençages » également organisés par un chercheur du CNRS de Nice en novembre et en décembre n’avaient pas retrouvé de traces de ce variant.

« La période hivernale explique la forte transmission et circulation du virus »

À partir des selles des 490.000 habitants dans les dix-sept communes de la métropole, les marins-pompiers de Marseille et l’agence de sécurité sanitaire de Nice récoltent les données nécessaires pour observer la circulation du virus, deux fois par semaine.

« Nous sommes dans une période hivernale, une période propice pour les gouttelettes qui restent en suspension dans l’air », et donc à la transmission du Covid-19. « Il est plus difficile d’aérer quand il fait froid, mais cela montre l’importance du respect des gestes barrières », commente Romain Gitenet. Pour lui, plusieurs autres facteurs permettent de comprendre cette forte contamination en ce moment.

« La métropole a des frontières avec Monaco et l’Italie, qui n’ont pas les mêmes règles que nous. Les personnes continuent de se déplacer et de transporter le virus. Ensuite, nous avons le troisième aéroport de France en termes de nombre de passagers. C’est toujours plus de personnes qui vont et viennent. Et c’est sans compter l’attrait pour la région, entre la mer et la montagne, qui induit beaucoup de mouvements dans la zone ».

« Ça ne pourra pas monter plus haut »

Pour le directeur de l’agence de sécurité sanitaire, nous arrivons dans une période de stagnation. « Malgré une montée en flèche ces dernières semaines, nous entrons dans une période où ça n’augmente plus beaucoup. » Il se base sur les données collectées à Marseille par exemple, où la circulation du virus dans les eaux usées est plus faible.

« Ça tourne, avant, les chiffres étaient plus élevés. C’est pour cette raison qu’il y a un partenariat avec la région pour que chaque métropole fasse ce genre de prélèvements. De cette manière, nous pourrions avoir un suivi de toutes les villes et anticiper. La circulation du virus fonctionne comme un vase communicant. »

Grâce à cette technique, la métropole envoie des équipes mobiles pour faire des tests dans les secteurs au seuil d’alerte très inquiétant pour détecter au plus vite les personnes contaminées.