Nice : La « meilleure sommelière de l’année » veut « constituer la plus grande cave de vins nature »

INTERVIEW Vanessa Massé, 30 ans et à la tête de son propre restaurant, vient de rafler le titre de « meilleur sommelier de l’année » décerné par le Guide Michelin

Propos recueillis par Fabien Binacchi

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Vanessa Massé, le 19 janvier 2021 dans son restaurant Pure&V à Nice
Vanessa Massé, le 19 janvier 2021 dans son restaurant Pure&V à Nice — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Le Guide Michelin a décerné le titre de « meilleur sommelier de l’année » à une restauratrice niçoise de 30 ans.
  • Vanessa Massé s’est fait une spécialité des vins nature, qu’elle défend désormais également dans sa société de conseil et de négoce.

Dès qu’il pourra rouvrir, le restaurant Pure & V, lancé par Vanessa Massé en 2018 à Nice, ne devrait pas avoir trop de mal à faire le plein. Après une première étoile obtenue l’an dernier, la propriétaire des lieux vient, en plus, de décrocher le titre de « meilleur sommelier » décerné par le Guide Michelin.

Et la Franco-portugaise âgée de seulement 30 ans, passée par les plus grandes maisons et spécialiste des « vins nature », compte sur ce nouvel éclairage pour faire également fructifier son entreprise de conseil et de négoce, créée récemment.

Les critiques ont à nouveau choisi de vous distinguer. Qu’est-ce qui a fait la différence selon vous ?

Je crois que c’est peut-être grâce à mon caractère assez affirmé qui me permet de m’adapter à chaque client. J’essaie de trouver un vin qui peut s’associer à chaque plat mais surtout à la personne que j’ai en face de moi. Avec toujours l’idée de mettre en avant le produit, en l’occurrence les vins nature, c’est-à-dire non sulfités, dans lesquels on n’a pas ajouté de levure et pour lesquels on a évité les engrais, entre autres choses. C’est le concept que j’ai voulu défendre avec ce restaurant, où l’on propose de la cuisine locavore centrée sur la simplicité du produit et la saisonnalité. C’est vrai que j’ai peut-être un peu chamboulé les choses en arrivant sur la Côte d’Azur en 2017 [native de Nantes, elle a suivi sa formation de sommelier à Angers puis à Béziers jusqu’à la mention complémentaire avant de faire le tour du monde dans plusieurs grandes maisons réputées] et en proposant un établissement sans doute éloigné d’un certain « m’as-tu-vu » niçois.

Alors que les restaurants n’ont pas encore le droit de rouvrir, comment occupez-vous vos journées ?

J’en profite pour aller voir mes vignerons, pour voyager. La semaine dernière, j’étais dans la vallée du Douro [au Portugal]. Et [ce mercredi], je pars pour dix jours dans le Beaujolais, en Auvergne, dans le Bujey et en Savoie. Je compte en ramener 4.000 bouteilles. A terme, cette année, je voudrais constituer la plus grande cave de vins nature de la Côte d’Azur, avec 2.000 références et près de 70.000 bouteilles. Elle sera partagée entre le restaurant et la société que j’ai créée en décembre.

Qu’y proposez-vous ?

Je peux notamment intervenir dans d’autres établissements pour la constitution de leur carte des vins. J’aimerais vraiment que tous les restaurants se mettent au « nature », au moins qu’ils proposent quelques références. Il faudrait qu’il y ait une prise de conscience autour de ce produit qui est pur, un jus de raisin pressé, fermenté et mis en bouteille.