Alpes Maritimes : « Là, il y a vraiment beaucoup de monde »… Faute de ski, une ruée impressionnante sur les raquettes

REPORTAGE Les mesures sanitaires ont contraint les amoureux du ski à trouver d’autres façons de profiter de la montagne, notamment dans les Alpes-Maritimes

Elise Martin

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Le pratique des raquettes connaît une forte affluence depuis la fermeture des remontées mécaniques.
Le pratique des raquettes connaît une forte affluence depuis la fermeture des remontées mécaniques. — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Certains magasins de location sont en rupture de stock face à cette forte affluence sur les raquettes.
  • La tempête Alex est aussi une conséquence du nombre de personnes qui se retrouvent aux mêmes endroits.
  • Les gendarmes ont fermé l’accès à la station Turini – Camp d’argent, à 50 km de Nice, à la mi-journée ce dimanche, face au trop grand nombre de personnes qui s’y rendaient.

« On a fait une heure de marche en plus pour monter jusqu’ici », lâche, un peu essoufflée, une mère de famille au début de la randonnée de l’Authion. Le parking du Camp d’argent est rempli ce dimanche. Au point où les gendarmes ont coupé l’accès dès la mi-journée au niveau du col de Turini. Dans cette station ​familiale, la plus proche de Nice avec vue sur le Méditerranée, aucune trace du Covid-19.

Pas de masque mais des raquettes. Depuis l’annonce de la fermeture des remontées mécaniques, les plus motivés ont trouvé une façon de profiter de la montagne d’une autre manière. « Je n’avais jamais fait de raquettes avant, avoue Séverine Lanseman, une Niçoise. Quand j’ai vu qu’il faisait beau ce week-end, on s’est organisé avec des amies pour monter. On voulait vraiment se balader, s’aérer et profiter de la nature qu’on a à une heure et demie de chez nous. Je suis allée acheter un pantalon, une doudoune et des chaussures de randonnée. On voulait louer des raquettes à Nice pour ne pas faire la file là-haut pendant des heures mais les magasins de location étaient en rupture de stock. C’était compliqué mais on a réussi à en trouver grâce des connaissances ».

Le magasin de location confirme : « Comme chaque année, dès qu’il fait beau, on a une grosse affluence. On remarque quand même qu’en ce moment, on est obligé de refuser plus de locations par manque de matériel. D’un autre côté, en termes de ski, on est à zéro ». Conséquences des mesures mais aussi du couvre-feu. « Même si ça dépend de chaque personne, certains préfèrent rajouter une journée de location, environ sept euros, plutôt que de prendre le risque d’arriver après 18 h et payer 135 euros d’amende », ajoute le magasin.

La tempête Alex, autre conséquence de la folle affluence

Alors au niveau de la randonnée de la Redoute des trois communes, parfois, ça bouchonne. Chacun se suit au point où tout est déjà lissé. Pour Nelly Corniglion, une habituée des raquettes, cette affluence n’est pas liée qu’aux mesures sanitaires : « Avec la tempête Alex, des vallées où il y avait de nombreux circuits de randonné ont été touchées. Les chemins ne sont plus accessibles, ce qui peut expliquer le nombre de personnes qui se retrouvent ici. D’habitude, ce que j’apprécie dans la pratique, c’est la quiétude des endroits où on marche. Là, il y a vraiment beaucoup de monde ».

Séverine Lanseman ajoute : « Ce qui est bien avec les raquettes, c’est qu’on a juste à marcher, mais en plus, on a accès à des coins magnifiques en haut des sommets. » Après sa première session, elle réfléchit déjà à en acheter « pour être tranquille » et « y retourner dès que possible ».

Un avis sûrement partagé par les centaines de personnes, qui, après s’être jetées sur les raquettes, se sont ruées sur les routes pour rentrer sur la Côte avant 18 h et le début du couvre-feu. Pas de jaloux, dans les autres vallées, on pouvait faire le même constat.