Vaccination dans les Alpes-Maritimes : Cannes élargit sa campagne dès ce mercredi à la population générale (et raille la stratégie du gouvernement)

CA PIQUE Avec ceux d’Antibes et Grasse, le maire de Cannes peste contre le stockage des doses au seul CHU de Nice

Fabien Binacchi

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L'un des deux centres de vaccination cannois, au Palais des festivals
L'un des deux centres de vaccination cannois, au Palais des festivals — SYSPEO/SIPA
  • Avec de l’avance, Cannes lance dès ce mercredi la vaccination pour la population générale de plus de 75 ans.
  • Avec le maire de Cannes, les maires d’Antibes et Grasse, mais aussi le député Eric Pauget (tous LR) pestent contre la stratégie du gouvernement de stocker les doses de vaccin au seul CHU de Nice.
  • L’option n’est pas la « plus optimale pour l’efficacité et la rapidité de la campagne de vaccination », selon les élus.

La mairie de Cannes a mis tout le monde d’accord. Dès ce mercredi, et avec deux jours d’avance sur ce qui se fera à Nice et Antibes notamment, elle va permettre à la population générale de plus de 75 ans de se faire vacciner contre le Covid-19.

Les inscrits (sur cannes.com) seront reçus dans son centre ouvert au palais des festivals et, dès lundi, également au palais des victoires, à l’autre bout de la ville. « Nous avons reçu depuis lundi environ 2.000 demandes de Cannois volontaires », indiquait ce mardi soir à 20 Minutes le maire (LR) David Lisnard.

« Nous pourrions vacciner bien plus tout en respectant les lourdes contraintes administratives » mais « nos démarches auprès du ministre de la Santé ne reçoivent pas d’échos depuis le 4 décembre », a-t-il aussi raillé.

« Circuits spécifiques et sécurisés »

Avec lui, les maires d’Antibes et Grasse, mais aussi le député Eric Pauget (tous LR) pestent notamment contre la stratégie du gouvernement de stocker les doses de vaccin au CHU de Nice, « seul habilité dans le département des Alpes-Maritimes à les réceptionner » et à la dispatcher.

L’option n’est pas la « plus optimale pour l’efficacité et la rapidité de la campagne de vaccination », selon les élus qui ont proposé d’étendre cette prérogative également aux trois établissements de leur commune respective.

Leur missive du 7 janvier est pour le moment restée lettre morte. Interrogée par 20 Minutes, l’Agence régionale de santé (Paca) confirme qu’un seul un centre garde cette compétence. A ce stade en tout cas. Elle rappelle que « des circuits spécifiques et sécurisés ont été mis en place pour assurer la conservation et la livraison du vaccin dans de bonnes conditions », avec un « établissement de santé support » par département.

« Des seringues à la bonne dimension »

Dans les Alpes-Maritimes, le CHU de Nice se charge donc de la répartition entre toutes les structures publiques du département (les structures privées pour personnes âgées étant directement approvisionnées par les pharmacies de ville).

Bien dommage pour David Lisnard qui assure avoir « mis en place une logistique physique et humaine adaptée ». Et de piquer : « j’avais commandé des seringues à la bonne dimension ». Le chef du pôle Pharmacie du CHU de Nice a raconté la semaine dernière que Santé publique France avait envoyé, avec les premières doses du produit Pfizer/BioNTech, des aiguilles trop courtes pour pouvoir administrer le vaccin.

En attendant, le taux d’incidence du coronavirus explose dans les Alpes-Maritimes. Selon les derniers chiffres de l’ARS, publiés ce mardi soir, le taux d’incidence du Covid-19 (nombre de cas pour 100.000 habitants) est passé de 341 à 456 en une semaine dans le département, de loin le plus touché de France. La moyenne hexagonale s’établit à 187.