Coronavirus à Nice : « On n’a plus de vie », le couvre-feu à 18 h bouleverse la vie des habitants

CRISE SANITAIRE Depuis le 2 janvier, les Alpes-Maritimes font partie des quinze départements où il n’est plus possible de sortir entre 18 h et 6 h. Lundi, jour de rentrée, les Niçois ont raconté comment ils s’adaptent entre travail, courses et vie privée

Elise Martin

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Ce soir, à 18h10 dans le centre de Nice.
Ce soir, à 18h10 dans le centre de Nice. — Élise Martin/ANP/20 Minutes
  • Lors de la semaine du 25 décembre au 31 décembre, le taux d’incidence était de 336 dans les Alpes-Maritimes contre 136 à l’échelle de la France.
  • Le département, comme quatorze autres, est concerné par un couvre-feu avancé à 18h qui contraint les habitants à réorganiser leur vie quotidienne.

« À la suite du couvre-feu, votre magasin ferme à 17 h 55 », lit-on sur les portes d’entrée d’un supermarché du centre-ville de Nice. Devant le Monoprix de l’avenue Jean-Médecin, le vigile refuse l’entrée à une dizaine de personnes en moins de cinq minutes.

Il reste ferme malgré toutes les justifications qu’il entend : « Les gens sortent de leur travail et ils ont dû aller récupérer leurs enfants. Mais les consignes sont claires et à 18 h, tout le monde doit être parti. » Depuis samedi, il affirme que tous les soirs, c’est la même chose : la course pour faire les courses.

Clara et Thomas font partie des derniers sortis du magasin, les bras chargés. « On n’a plus de vie », résument-ils d’une phrase la situation qu’ils vivent avec ce nouveau couvre-feu. décidé pour lutter contre la propagation du Covid-19. « C’est une vraie question d’organisation quand on termine le travail et qu’on a juste le temps de rentrer chez nous. Même pour la seule activité qu’on nous autorisait encore, [aller faire les courses], il faut qu’on s’adapte, on n’a pas le choix ». Le porte-monnaie du couple de 25 ans en pâtit aussi : « Avant, on pouvait se rendre dans une plus grande surface et payer moins cher. Là, on doit aller au plus près et ce n’est pas avantageux ».

« Tout le monde va se retrouver au même endroit le week-end »

Dix-huit heures passées, l’avenue se vide. Certains courent quand d’autres attendent patiemment le tram. « Il reste encore beaucoup de monde quand même parce qu’on est beaucoup à finir tard, constate Anne-Marie qui a une attestation de déplacement dérogatoire. Avec mes horaires de travail, je me retrouverai avec tout le monde ce week-end pour faire mes courses. On sera tous au même endroit donc ce n’est pas forcément plus intelligent ».

Avis partagé par Isabelle. Comptable à Monaco, elle arrive à Nice après 18 h 30. « Je finis à 18 h donc je me dépêche pour avoir un train. Ensuite, je me presse pour arriver chez moi. Ça veut dire qu’il n’y a plus de sas de décompression. Je ne sors pas de ma journée de travail et je repars le lendemain avec ce stress supplémentaire ».

Sans horaires aménagés, elle est également obligée d’annuler son activité au sein d’une association de récolte et de distribution alimentaire. « Après les restaurants, les endroits culturels, le sport, on m’enlève encore quelque chose. Et pourtant, le coronavirus, lui, court toujours ! » Lors de la semaine du 25 décembre au 31 décembre, le taux d’incidence était de 336 dans les Alpes-Maritimes contre 136 à l’échelle du pays.