Coronavirus à Nice : L’annulation du carnaval n’inquiète pas les carnavaliers

PARTIE REMISE Le report d’une année va permettre aux facteurs de chars, habituellement contraints de travailler dans l’urgence, de prendre de l’avance

Michel Bernouin

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Cédric Pignataro avait transformé Donald Trump en clown terrifiant en 2019
Cédric Pignataro avait transformé Donald Trump en clown terrifiant en 2019 — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • La ville de Nice va reporter une partie du budget de fabrication des chars sur d’autres commandes auprès des carnavaliers.
  • Ils auront également plus de temps pour préparer l’édition 2022.
  • Les grands perdants sont les hôteliers, pour qui une partie importante du chiffre d’affaires de l’hiver repose sur le carnaval.

Il n’y avait jusqu’à présent que la guerre pour réduire au silence les festivités du carnaval de Nice. Mondiale ou du Golfe, en 1991. Trente ans après, c’est une « guerre sanitaire », comme l’a baptisée le président de la République, celle contre la pandémie de Covid-19, qui a eu raison de l’édition 2021.

« Compte tenu de la crise sanitaire actuelle et de la fréquentation qu’un tel événement engendre, le carnaval de Nice “Roi des animaux”, initialement prévu du 13 au 27 février 2021, est reporté à 2022 » a fait savoir la ville de Nice dans un bref communiqué.

Pas vraiment une surprise pour les acteurs de l’événement. « On s’était déjà un peu préparés à ce report, glisse le carnavalier Cédric Pignataro. Il y a toujours un sentiment de déception mais nous avons été rassurés d’entendre que le maire que nous laissera pas tomber ».

« Une année blanche »

Christian Estrosi a effectivement pris un engagement : « L’activité des carnavaliers, dont le savoir-faire artisanal fait partie du patrimoine culturel immatériel de la ville, sera valorisée tout au long de l’année 2021, au fil de la programmation événementielle niçoise et métropolitaine ». Une partie du budget qui aurait dû être alloué à la fabrication des chars sera investie dans d’autres commandes auprès de ces professionnels.

« Nous aurons forcément un manque à gagner, confie Gilles Povigna, autre pilier du carnaval, mais on va se servir de cette année comme d’une année blanche puisqu’on saura avant la fin du premier trimestre le résultat des appels d’offres pour la construction des chars. Cela nous laissera presque un an pour les réaliser, alors qu’habituellement c’est la course pour tout construire en quatre mois. Ça va nous changer la vie ! » « C’est un problème majeur de réglé, renchérit Cédric Pignataro : jusqu’à présent on mettant tout de côté à partir du mois d’octobre et on ne vivait plus pour sa majesté carnaval. On va pouvoir respirer ! »

30 millions de retombées perdues

Ceux qui risquent d’étouffer en revanche, ce sont les hôteliers. Pour eux, l’annulation du carnaval de Nice – mais peut-être aussi de la fête du citron de Menton et la fête du mimosa à Mandelieu-la-Napoule – « c’est le chiffre d’affaires de l’hiver qui est atteint » résume le président de la Fédération de l’hôtellerie Nice Côte d’Azur, Denis Cippolini.

« Ce sont trois week-ends et des jours en semaine avec un taux d’occupation de 70 % que l’on n’aura pas ». Ce pourrait être le coup de grâce pour certains établissements. « En avril, les tribunaux de commerce seront remplis », pronostique le représentant des hôteliers et restaurateurs niçois. Le carnaval de Nice représente près de 30 millions d’euros de retombées économiques pour Nice et ses environs.