Attentat à Nice : Une photo du tueur de l’enseignant Samuel Paty retrouvée dans le téléphone de l’assaillant

TERRORISME Un message audio qualifiant la France de « pays de mécréants » a également été retrouvé

Fabien Binacchi

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Les forces de police devant la basilique de Nice où s'est produit l'attentat
Les forces de police devant la basilique de Nice où s'est produit l'attentat — SYSPEO/SIPA
  • Une photo du tueur de l’enseignant Samuel Paty et des « photographies relatives » au groupe État islamique ont été retrouvées dans le portable de l’assaillant de Nice.
  • Une information judiciaire est ouverte pour « assassinats et tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste ».

Une photo du tueur de l’enseignant Samuel Paty, décapité le 16 octobre à Conflans-Saint-Honorine, a été retrouvée dans le téléphone portable de l’assaillant de la basilique Notre-Dame à Nice, a indiqué le parquet antiterroriste (Pnat) ce vendredi.

L’exploitation du téléphone de Brahim Aouissaoui a aussi mis en évidence un message audio qualifiant la France de « pays de mécréants » et des « photographies relatives » au groupe État islamique, a ajouté le parquet. Une information judiciaire est ouverte pour « assassinats et tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste ».

Pas de preuve de contacts à ce stade

Même si la photographie d’Abdoullakh Anzorov, auteur de l’attaque de Conflans-Sainte-Honorine, a été retrouvée dans son téléphone, « il n’a pas été déterminé de contacts opérationnels de l’intéressé susceptibles d’avoir facilité son passage à l’acte », a précisé le Pnat. Le parquet indique que l’instruction devra s’attacher à « vérifier s’il a pu bénéficier de complicité ou d’un quelconque soutien dans son projet criminel ».

Depuis le début de l’enquête, onze personnes ont déjà été placées en garde à vue et relâchées. L’assaillant, né en mars 1999 et qui a été testé positif au Covid-19, est hospitalisé en « région parisienne » et reste en l’état « inaudible », indique par ailleurs le parquet. Il avait été grièvement blessé par balles par des policiers municipaux.

Des repérages devant la basilique ?

Brahim Aouissaoui avait quitté clandestinement mi-septembre la ville de Sfax, au centre de la Tunisie, où il vivait avec sa famille et travaillait comme réparateur de motos. Après sa traversée de la Méditerranée et son arrivée sur l’île italienne de Lampedusa, il aurait été placé en quarantaine avec près de 400 migrants sur le ferry « Rhapsody », avant de débarquer sur le continent à Bari, dans le sud-est de l’Italie, le 9 octobre.

Une source proche de l’enquête avait également précisé qu’il s’était ensuite rendu en Sicile, avant de rejoindre la France. L’enquête a pu déterminer qu’il était arrivé à Nice mardi 27 octobre, deux jours avant l’attaque de la basilique. Selon la vidéosurveillance, le 28, « il a circulé pédestrement à quatre reprises aux abords de la basilique Notre-Dame de Nice, s’asseyant notamment devant cette basilique », indique le Pnat.