Nice: Les cyclistes cherchent toujours leur place dans la cinquième ville de France

VELORUTION Le nombre de kilomètres de « voies cyclables » progresse à Nice, mais il manque toujours de la cohérence et un axe nord-sud, selon l’association Nice à vélo

Michel Bernouin

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La piste cyclable du bas de Gambetta, peu fréquentée confinement oblige, est très appréciée des cyclistes.
La piste cyclable du bas de Gambetta, peu fréquentée confinement oblige, est très appréciée des cyclistes. — M. Bernouin / ANP / 20 Minues
  • Les pistes cyclables ont transformé le quai des Etats-Unis et le bas du boulevard Gambetta.
  • Ailleurs, les aménagements se font plus discrets et ont parfois carrément été supprimés.
  • La mairie de Nice promet 23 kilomètres de voies cyclables supplémentaires dans les six ans qui viennent.

C’était l’une des promesses du « monde d’après le confinement ». Au printemps, Nice avait l’ambition de devenir une ville cyclable avec l’annonce par Christian Estrosi d’un plan vélo « sans précédent ». Six mois et un reconfinement plus tard, le quai des Etats-Unis et le bas du boulevard Gambetta sont métamorphosés.

Les pistes cyclables, de longues langues jaunes protégées par des plots, trônent au milieu de la chaussée d’où sont bannies – en théorie – les véhicules à moteur individuels. « La piste de Rauba Capeu [qui se prolonge de la Promenade-des-Anglais au port], c’est très bien, ça permet aux gens de Riquier d’aller vers l’ouest, reconnaît Hervé Andrés, membre actif de l’association Nice à vélo. Les pistes le long du Paillon à Acropolis ou avenue Thiers aussi, c’est parfait. »

« Coronapistes » oubliées

Et en dehors de ça ? « La plupart des pistes créées lors du confinement du printemps ont été supprimées » déplore ce cycliste engagé. Aux oubliettes, la piste de deux kilomètres sur le haut du boulevard Gambetta, au nord du pont de chemin de fer, qui avait tant été décriée. Disparus aussi les 4 kilomètres du boulevard de la Madeleine.

Boulevard de Riquier, les cyclistes doivent toujours partager la voie avec les bus.
Boulevard de Riquier, les cyclistes doivent toujours partager la voie avec les bus. - M. Bernouin / ANP / 20 Minues

À l’est, les projets de pistes remontant la rue Arson et descendant le boulevard de Riquier n’ont jamais vu le jour. « Riquier, Saint-Roch, Saint-Charles c’est le désert ! tranche Hervé Andrés, alors que les axes de circulation y sont larges et plats. Ce serait possible d’y créer des pistes à double sens ».

Objectif 75 kilomètres

La mairie précise avoir dans ses cartons « un projet d’aménagement cyclable partant du port jusqu’au quartier Saint-Roch », via Pont-Michel, Riquier et le boulevard de l’Armée-des-Alpes. « Il s’agit d’un des axes du réseau cyclable structurant présent dans le "plan de mobilité". »

Elle insiste aussi sur le chemin déjà parcouru. « Les aménagements cyclables ont doublé depuis 2008 ! Des axes nord-sud de part et d’autre de l’avenue Jean-Médecin ont été développés tout comme des liaisons est-ouest ». En tout, 52 kilomètres de pistes en ville, auxquels s’ajoutent plusieurs kilomètres de bandes cyclables.

L’avenir, ce sera le « plan d’action vélo métropolitain 2021 – 2025 », un programme à l’échelle de la métropole Nice Côte d’Azur « doté d’une enveloppe de 20 millions d’euros sur six ans » avec un objectif pour la capitale azuréenne : atteindre les 75 kilomètres et « 10 % de part modale vélo ».

« Pour y parvenir, il faudra des axes structurants nord/sud, assure Hervé Andrés. Cela aurait dû être sur l’avenue Jean-Médecin. » Et la meilleure preuve que cette analyse est la bonne, c’est la pratique : les vélos – et les trottinettes électriques – sont légion sur la plateforme du tramway, pourtant interdite à tout véhicule particulier.