Tempête Alex dans les Alpes-Maritimes : Un mois après, toujours onze disparus et des spéléologues appelés en renfort

EXCLUSIF « 20 Minutes » a pu embarquer avec ces spécialistes, partis à la recherche de corps dans la vallée de la Vésubie

Fabien Binacchi

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Sept cavités ont été inspectées le long de la rivière Vésubie
Sept cavités ont été inspectées le long de la rivière Vésubie — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Les inondations dans les Alpes-Maritimes ont fait sept morts et onze personnes sont toujours officiellement portées disparues.
  • Une opération organisée par la gendarmerie nationale avec des spéléologues est allée à la recherche de corps le long de la rivière Vésubie.

Casque vissé sur la tête, frontale à peine éteinte, José Serch se remet doucement de son dernier hélitreuillage. Ce chef d’équipe du Spéléo secours français (SSF) revient de la grotte de la Gourde, une cavité en surplomb de la Vésubie, entre Utelle et Le Suquet. Jusque-là jamais transporté par les airs au bout d’un filin, ce passionné des explorations souterraines, parfois mobilisé pour des évacuations, n’avait pas encore, non plus, participé à une « recherche de corps ».

Avec un de ses collègues et trois autres spécialistes de la gendarmerie nationale, il prenait part, la semaine dernière, à une opération spéciale dans le cadre de l’enquête menée après les inondations dévastatrices du 2 octobre.

« On recherche aussi des preuves, des traces »

Onze personnes sont toujours portées disparues. « On recherche aussi des preuves, des traces. Un vêtement, une basket », explique-t-il. Dans la grotte de la Gourde, au final, rien de notable. « On a planté trois spits pour remonter sur 7 mètres. La cavité était pleine de bois », explique José Serch. Avec la destruction de nombreuses routes, plusieurs de ces espaces ont dû être visités avec le soutien d’un hélicoptère.

Des grottes ont été visitées

« Le SSF nous a permis d’accéder à des bases de données où sont référencées des zones pertinentes dans le cadre de notre enquête. Soit sept cavités aériennes qui ont été noyées dans la Vésubie pendant la phase de crue, expliquait sur place le major Florent Merlet, référent national en spéléologie pour la gendarmerie nationale, venu avec deux collègues depuis Grenoble. Il s’agit notamment d’anciens exutoires de rivières souterraines. »

Une à une, ces grottes, plus ou moins proches du cours d’eau qui est monté parfois à plus de 9 mètres, ont été explorées, parfois avec l’appréhension de découvrir effectivement quelque chose. Ça n’a pas été le cas. « Il n’y a rien à signaler sur les espaces prospectés. On n’a rien trouvé mais, ça, c’est déjà une information pour la poursuite de l’enquête », note le militaire.

« On ferme des portes petit à petit et il n’en reste plus beaucoup »

« On est toujours dans la phase de recherche des onze personnes encore portées disparues, avec toutes les techniques que l’on peut mettre en œuvre », précise le lieutenant Laurent Masson, coordinateur criminalistique pour la gendarmerie des Alpes-Maritimes.

« Ce n’était pas l’opération de la dernière chance, mais on ferme des portes petit à petit. Et il n’en reste plus beaucoup, explique encore le responsable. Nos plongeurs ont investigué l’ensemble des cours d’eaux et des zones de rétention. Mais, nous avons un raisonnement de passages multiples pour tenir compte de l’évolution du terrain notamment quand il y a de nouvelles pluies. Les débris peuvent continuer à se déplacer. »

Mardi, le bilan humain des inondations restait « inchangé », selon Xavier Bonhomme, le procureur de la République de Nice, sollicité par 20 Minutes. Les cadavres de sept personnes emportées ont été retrouvés et deux autres corps n’ont pas été identifiés.