Un mois après la tempête Alex, le confinement inquiète les maires qui ont toujours besoin de bénévoles

CASSE TÊTE Les élus locaux appellent le préfet des Alpes-Maritimes à assouplir les règles de confinement pour permettre aux habitants des vallées sinistrées et aux bénévoles de continuer leurs actions de reconstruction

Michel Bernouin

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Samedi, un groupe de trekkers a multiplié les actions bénévoles à Tende.
Samedi, un groupe de trekkers a multiplié les actions bénévoles à Tende. — Facebook / Martial Solidarité Michel

Une pétition signée par plus de mille personnes, des courriers et des SMS d’élus… et toujours aucune réponse officielle. Dans les vallées des Alpes-Maritimes ravagées par la tempête Alex il y a un mois, le reconfinement général fait craindre aux habitants d’être encore plus isolés, abandonnés. C’est particulièrement le cas dans la Roya.

Dès jeudi matin, au lendemain de l'annonce du reconfinement par le président Emmanuel Macron, le maire de Breil-sur-Roya confiait ses inquiétudes à 20 Minutes : « Nous craignons que le confinement tue définitivement l’entraide dans la Roya ! On tient encore parce qu’on a chaque jour au moins une centaine de bénévoles qui viennent de l’extérieur, parfois jusqu’à 400 le week-end, plus cent locaux ». « Si les bénévoles sont obligés de rester chez eux, ça va devenir un vrai problème, anticipait Sébastien Olharan. Dans la Roya, on est dans des circonstances vraiment exceptionnelles. Si quelqu’un mérite une dérogation, c’est bien nous ! »

Couvre-feu oui, confinement non !

Les cinq maires de la vallée de la Roya ont demandé à ne pas être confinés en journée. « Que l’on puisse rester sur un modèle de confinement à 19 heures, résume Sébastien Olharan, et que les bénévoles puissent venir de l’extérieur. Peut-être avec un système d’inscription, pour ne pas accroître le risque de contamination ni nous retrouver avec des gens plus soucieux de fuir le confinement que d’aider. »

La députée (LREM) de la circonscription, Alexandra Valetta-Ardisson, avait de son côté sollicité une dérogation auprès du préfet chargé de la reconstruction des zones sinistrées. Sur Twitter, le haut fonctionnaire lui avait répondu que « la gestion des urgences et les travaux de reconstruction sont des priorités pour assurer, dans les vallées, un retour aux fonctionnalités vitales pour les populations [accessibilité, ravitaillement…] ». « L’Etat est mobilisé avec les collectivités territoriales », était-il précisé.

« Je prendrai moi-même des mesures »

La formulation n’est pas des plus explicites. Quant au maire de Breil-sur-Roya, il n’a pas obtenu mieux : « Je n’ai toujours rien reçu suite à ma demande, a-t-il confié lundi matin à 20 Minutes. Il semble y avoir une tolérance, mais nous avons besoin de réponses claires à donner à nos administrés. A défaut, je prendrai moi-même des mesures. »

Le jeune élu pourra signer des arrêtés municipaux, comme l’ont fait certains maires, comme Lionnel Luca à Villeneuve-Loubet, pour autoriser les petits commerces à rester ouverts. En attendant des précisions de la préfecture (qui n’a pas répondu à la demande de 20 Minutes lundi) des bénévoles continuent de se rendre dans la Roya pour aider les habitants. Comme ce groupe de 34 trekkeurs Azuréens qui sont montés jusqu’à Tende pour dépolluer la rivière, rouvrir un sentier et construire des passerelles.