Nice : Cette nouvelle prison dont on ne sait toujours ni où, ni quand elle sera construite

SERPENT DE MER Tous les sites d’implantation d’une nouvelle maison d’arrêt de 650 places dans le ressort du tribunal judiciaire de Nice sont abandonnés

Michel Bernouin

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La prison de Nice
La prison de Nice — SYSPEO/SIPA
  • Les Iscles, Tercier, Auvare : aucun de ces terrains n’accueillera d’établissement pénitentiaire, assure le ministère de la Justice.
  • L’objectif d’une livraison avant fin 2027 est maintenu mais paraît de moins en moins atteignable compte tenu de l’absence de terrain identifié.

Lorsqu’on demande si les différents sites d’implantation d’une future maison d’arrêt dans le ressort du tribunal judiciaire de Nice ( Alpes-Maritimes) évoqués jusqu’à présent sont abandonnés, la réponse du ministère de la Justice est rapide et sans ambiguïté : « Les terrains proposés jusqu’alors n’ont pas été retenus ».

Non, la « nouvelle prison de Nice » ne sera pas érigée aux Iscles du Var (Saint-Laurent-du-Var), terrain qui avait pourtant fait l’objet d’une étude d’impact réalisée en 2015 par l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ). Mais la maison d’arrêt ne sera pas non plus bâtie sur le terrain situé un peu plus au nord, entre Saint-Laurent-du-Var et La Gaude, comme cela avait été très sérieusement envisagé en 2017.

Exit aussi, les hypothèses d’une implantation sur le plateau Tercier (à cheval sur les communes de Drap et La Trinité), sur le site de la Lare (Peillon) et sur des terrains occupés par une partie des casernes Auvare et une emprise de la SNCF dans le quartier Saint-Roch à Nice.

« Plusieurs autres lieux seront à l’étude »

Pour autant, oui, une prison sera construite : « En lien avec le préfet des Alpes-Maritimes, un terrain est activement recherché puisque le futur établissement de Nice, qui comprendra 650 places, est budgété et bien inscrit dans le plan immobilier pénitentiaire des 15.000 places de prison », assure à 20 Minutes une porte-parole du ministère.

Les députés LREM Alexandra Valetta-Ardisson et Cédric Roussel rapportaient dernièrement, dans un communiqué, que le Garde des Sceaux leur a « expressément confirmé » que « plusieurs autres lieux seront à l’étude dans le département des Alpes-Maritimes ».

Eric Dupont-Moretti se serait même « engagé à venir prochainement pour faire un état des lieux des sites envisagés ». Lesquels ? Difficile de le savoir. Seule piste officielle : c’est d’une reconstruction sur place. Le maire de Nice, Christian Estrosi, y est toujours favorable. Son premier adjoint, Anthony Borré, l’a confirmé récemment.

Le ministère de la Justice confirme que la création d’un établissement pénitentiaire de 650 places dans le ressort de Nice fait partie du « programme immobilier » qui prévoit une livraison avant fin 2027. Mais faute d’avoir acté un site d’implantation, et compte tenu des délais administratifs et du temps nécessaire à la construction, l’objectif semble difficilement atteignable. Selon l’Observatoire international des prisons, avec 472 hommes écroués dans ses murs, la vieille maison d’arrêt de Nice, construite en 1887, affiche une surpopulation de 171 %.