Tempête Alex : « Les chances de retrouver des survivants s’amenuisent », admet un responsable des pompiers

VILLAGES DEVASTéS Les secours sont toujours à la recherche de dix-huit personnes et vont faire appel à des drones pour aller au plus profond des vallées

Propos recueillis par Fabien Binacchi

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Les dégâts sont considérables, comme ici à Roquebillière
Les dégâts sont considérables, comme ici à Roquebillière — Nicolas Tucat/AFP
Le commandant Fabrice Gentili

Ce dimanche, plus de 36 heures après les terribles inondations qui ont ravagé et coupé du monde plus d’une dizaine de villages de montagne des Alpes-Maritimes, les secouristes sont toujours à la recherche de personnes portées disparues. Près d’un millier de secouristes sont mobilisés alors que la pluie reprend dans le département.

Pour 20 Minutes, le commandant des sapeurs-pompiers azuréens Fabrice Gentili fait le point sur le dispositif mis en place, les difficultés rencontrées sur les sites des opérations et les chances de retrouver des survivants, « qui s’amenuisent plus les heures passent » alors qu’un corps, celui d’un berger disparu depuis samedi sur le col de Tende, vient d’être retrouvé, ont annoncé les pompiers et la protection civile italiens.

Quels sont les moyens actuellement mobilisés ?

Il y a plus de 900 sapeurs pompiers sur le terrain dont une bonne partie est issue de renforts extra-départementaux, militaires ou nationaux, de la Sécurité civile notamment. Sur le théâtre, c’est 400 secouristes qui sont vraiment au contact du fait des discontinuités sur les routes, dans les vallées de la Vésubie et de la Roya. Derrière, nous avons toute une partie des effectifs pour gérer la partie logistique avec le pont aérien qui a été mis en place. Douze hélicos sont en rotation pour évacuer les sinistrés notamment, mais aussi amener des vivres et du matériel.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

La complexité vient de la multiplicité des missions que nous devons assurer. Il y a des opérations de reconnaissance pour identifier des personnes qui pourraient être secourues, des bâtiments qu’il faut mettre en sécurité et, aussi, malheureusement la recherche des personnes disparues. Tout cela, sur un terrain aussi vaste, est en plus compliqué par la coupure des télécommunications et même de nos moyens radios. Nous fonctionnons avec des téléphones satellites actuellement.

Quel est le dernier bilan ?

Il y a huit personnes disparues, dont deux sapeurs pompiers, dont nous avons la confirmation de la disparation par des recoupements et des témoins oculaires. Et dix autres personnes, dont on n’arrive pas à avoir de nouvelles, sont également recherchées. Nous n’avons retrouvé personne pour le moment [avant la découverte du corps du berger, qui n’était pas comptabilisé dans le bilan communiqué par les autorités].

Y a-t-il encore des chances de retrouver des survivants parmi les personnes disparues ?

On ne se pose pas de question. Plus les heures passent et plus les chances s’amenuisent, nous en sommes tous bien conscients. Mais, on est obligé de garder espoir. [Samedi], il y a eu une bonne surprise : un chef de brigade de gendarmerie porté disparu a été retrouvé. Maintenant, on s’attend au pire. On s’y prépare en tout cas. Les recherches visuelles qui ont été faites par hélicoptère n’ont encore rien donné. On est en train de développer par l’appui de nos collègues des départements voisins, des équipes de drones. Ils permettront d’aller en fond de vallée, au plus proche de la rivière. Il y a beaucoup de câbles électriques et de câble pour prévenir des éboulements qui sont des facteurs de risques énormes des hélicos. Mais dans tous les cas, la recherche de corps s’avère également très compliquée vu les quantités de boue sous lesquelles ils pourraient malheureusement se trouver.