Nice : Le sort d'une statue de Napoléon déclenche duel à fleuret moucheté entre Christian Estrosi et le maire de Rouen

SUR TWITTER En proposant de « récupérer » une statue de bronze de Napoléon, le maire de Nice a provoqué l’ire de son homologue socialiste

M.B.

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Christian Estrosi et Nicolas Mayer-Rossignol, les maires de Nice et de Rouen
Christian Estrosi et Nicolas Mayer-Rossignol, les maires de Nice et de Rouen — Letellier / Sipa - Syspeo / Sipa
  • La statue de l'empereur devant la mairie de Rouen a été déboulonnée... pour partir en restauration.
  • Le maire de Rouen lance une consultation pour envisager d'installer à son emplacement une figure féminine.

En proposant d’offrir l’asile à la statue rouennaise de Napoléon, le maire de Nice a déclenché l’ire de on homologue de Rouen. Un épisode en quatre actes qui a débuté samedi après-midi avec un tweet sur le compte de Christian Estrosi.

« La ville de Nice, membre du réseau Ville Impériale, propose de la récupérer pour son espace public si la consultation en cours à Rouen n’aboutit pas à sa réinstallation dans cette ville », lançait l’élu sur le réseau social.

Gisèle Halimi à la place de Napoléon-Ier ?

Le maire de Nice réagissait à la consultation, lancée par la mairie de Rouen, sur l’opportunité de réinstaller devant l’hôtel de ville la statue équestre de l’empereur. Une œuvre en bronze de Vital Gabriel Dubray, de 4 t et 5 m de haut, déboulonnée et envoyée en Ile-de-France pour une restauration qui doit durer un an. Le maire socialiste de Rouen avait fait savoir qu’il souhaitait y voir trôner une figure féminine, comme Gisèle Halimi.

Au lendemain du tweet de Christian Estrosi, Nicolas Mayer-Rossignol réplique : « Il n’a jamais été question de se séparer de la statue de Napoléon, nous la restaurons pour plus de 100.000 euros. Plutôt que polémiquer, travaillons à l’égalité F/H [femme/homme] dans l’espace public. A Nice, Rouen et ailleurs, tant reste à faire. »

Troisième acte : le maire de Nice s’autosatisfait

« Rouen incarne plus que d’autres villes la grande histoire de France, histoire que les Niçois ont choisi de rejoindre librement en devenant Français par référendum il y a 160 ans, relance Christian Estrosi. Je suis heureux pour notre grande communauté de destin et pour les Rouennais que mon offre vous permette de confirmer que la statue de Napoléon gardera la place qu’elle mérite. »

Et son homologue normand de rétorquer à nouveau : « Vous me répondez Napoléon et Histoire de Nice il y a 160 ans, quand je vous parle d’égalité femme/homme et d’avenir. Tant pis. Pourtant l’enjeu de la place des femmes dans l’espace public me paraît autrement plus important que ces vaines polémiques que vous tentez d’entretenir. »

En novembre 2019, à l’occasion du 120e anniversaire de la naissance de Napoléon Bonaparte, Christian Estrosi avait rebaptisé le quai Cassini « quai Napoléon-Ier », ce qui avait déjà fait débat.