Nice: Quatre ans après, la ville rend hommage aux victimes de l’attentat

COMMEMORATION Le 14 juillet 2016, 86 personnes avaient été tuées sur la promenade des Anglais par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel

20 Minutes avec AFP

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La Promenade des Anglais, quelques jours après l'attentat de 2016 à Nice.
La Promenade des Anglais, quelques jours après l'attentat de 2016 à Nice. — 20 minutes - Slideshow

À 22 h 34 précises mardi, heure de l’attentat commis le 14 juillet 2016 par le Tunisien Mohamed Lahouaiej-Bouhlel sur la promenade des Anglais, 86 faisceaux lumineux ont illuminé le ciel de Nice pour un hommage poignant aux 86 victimes. Dans une ville profondément marquée par cet attentat qui avait également fait, selon le Fonds de garantie des victimes, 267 blessés et 1.627 traumatisés, des dizaines de Niçois se sont réunis avec en fond le titre de Calogero Les feux d’artifice.

« Ne pas les oublier »

« Je suis venu spécialement de Cagnes-sur-Mer pour commémorer l’attentat en hommage aux disparus, si on les oublie, ils sont morts pour qui ? Pour quoi ? Un fanatique qui passait par là et puis… », a témoigné Lucien, un retraité du bâtiment, en référence au conducteur du poids lourd qui a fauché ces vies, avant d’être abattu par les policiers. Sabine, une quinquagénaire fonctionnaire à Nice, expliquait elle aussi s’être déplacée pour « ne pas les oublier », parce que « ce qu’ils ont vécu a dû être terrible, et pour les familles qui restent ».

Quelques proches de victimes avaient pris place dans une tribune disposée face à la promenade des Anglais, sous les faisceaux, séparés du public par une barrière. Parmi eux, l’écrivain Thierry Vimal, qui a perdu sa fille Amie, 12 ans, dans l’attentat, et raconté son épreuve dans un livre, « 19 tonnes ». « Ça fait du bien, ça fait plaisir que les gens soient venus, mais il y a toujours une barrière entre eux et nous, et nous on est du mauvais côté de la barrière », remarquait-il, parlant d’une absence, celle de sa fille, qui reste encore aujourd’hui « une présence permanente ».

Le dispositif de sécurité mis à l’index

Alors que le mois dernier le parquet antiterroriste a demandé un procès aux assises pour les neuf personnes qui ont été en relation avec l’auteur de l’attentat, notamment pour fourniture d’armes, Thierry Vimal, membre également de l’association de victimes Promenade des Anges, a déploré pour sa part le manque d’avancées de l’enquête. Ouverte à Nice pour « mise en danger de la vie d’autrui » et élargie à « homicides et blessures involontaires », elle concerne le dispositif de sécurité mis en place ce soir-là pour protéger les 30.000 personnes venues assister ce 14 juillet 2016 au feu d’artifice tiré sur la Promenade.