Nice : Une reprise « timide » et des pertes « préoccupantes » pour le port

ECONOMIE Le chiffre d’affaires a fondu de « plus d’un tiers », dixit le directeur d’exploitation du port de Nice

Olfa Ayed

— 

Le Corsica Ferries de Nice, en 2019. (archives)
Le Corsica Ferries de Nice, en 2019. (archives) — SYSPEO/SIPA
  • Le port de Nice a repris ses liaisons avec la Corse le 1er juillet.
  • Mais son activité tourne à faible régime, sans les croisières et le rythme habituel des ferries.
  • La reprise est progressive et les pertes sont importantes, selon le directeur d’exploitation du port.

Au port de Nice, si « les réservations sont montées en flèche » ce week-end, il n’y a pas encore de quoi renverser la vapeur, souffle son directeur d’exploitation. Avec la crise du Covid-19 et la réduction drastique de l’activité, Michel Lallement table sur une perte d’un tiers d’un chiffre d’affaires annuel.

Depuis le 1er juillet et après plus de trois mois d’arrêt, à cause des mesures sanitaires liées à la pandémie de nouveau coronavirus, la compagnie Corsica Ferries a repris ses liaisons avec la Corse. Et il était temps : ces ferries représentant l’une des activités principales du bassin Lympia, situé à l’est de Nice.

« Si on fait 200.000 passagers on sera contents »

Mais, même si « les réservations sont très importantes pour la saison », elles ne permettent pas « pour le moment un retour à la normale », appuie Pierre Mattéi, le PDG de Corsica Ferries compagnie. D’autant plus que le programme des traversées est allégé, avec une par jour en ce moment, contre cinq départs en temps normal, selon la Chambre de commerce de Nice. « Si on fait 200.000 passagers, on sera contents cette année », souligne Michel Lallement. En 2019, ils étaient 415.000 à embarquer pour l’île de beauté.

« On va perdre à peu près un tiers du chiffre d’affaires du port de Nice sur l’année, prédit donc le directeur d’exploitation du port de Nice. C’est préoccupant ». « La reprise dépendra aussi de la façon dont on va reprendre la croisière à partir de septembre à l’international », ajoute-t-il, alors que ce marché s’est stoppé net avec le confinement. Et le redémarrage est compliqué puisque les Américains sont toujours privés de vacances en Europe.

Sauver les loueurs

Si le port a une « stature qui va lui permettre de résister », ajoute toutefois Michel Lallement, il reste préoccupé par le sort des professionnels. « Les loueurs de bateaux n’ont pas d’activités depuis le confinement. On a donc suspendu leur loyer. Il ne faut surtout pas qu’ils disparaissent », s’inquiète-t-il.

Pour soutenir la reprise, la ville et la CCI organisent des événements culturels. Jeudi, « Piaf le spectacle » sera joué en plein air sur le quai de la douane. Les restaurateurs et l’association de commerçants Port Avenir et Directo productions y sont associés. Le principe consiste à acheter en ligne des billets prépayés, incluant un spectacle et un dîner dans un restaurant partenaire autour du port.