Inondations mortelles sur la Côte d'Azur : Cinq ans après, le hameau de la Brague à Biot va être totalement rasé

INTEMPERIES La communauté de communes de Sophia Antipolis signe ce mardi l’acquisition du hameau de la Brague, destiné à disparaître. La zone va être « renaturée »

Olfa Ayed

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La Brague, le 4 octobre 2015, au lendemain des intempéries qui ont fait trois morts dans la commune. PHOTO / JEAN CHRISTOPHE MAGNENET
La Brague, le 4 octobre 2015, au lendemain des intempéries qui ont fait trois morts dans la commune. PHOTO / JEAN CHRISTOPHE MAGNENET — JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP
  • La communauté de commune de Sophia Antipolis signe l’acquisition du hameau de la Brague ce mardi.
  • La zone, particulièrement exposée aux intempéries, va être totalement renaturée.
  • Le lotissement, construit en 1990 sera rasé à l’horizon de l’automne 2020.

Le hameau de la Brague de Biot (Alpes-Maritimes) n’existera bientôt plus pour laisser toute sa place au cours d’eau éponyme. Ce mardi, les représentants de la communauté de commune de Sophia-Antipolis (Casa) vont officialiser l’acquisition de ce lotissement de 24 maisons, particulièrement exposé au risque d' inondation.

Construit en 1990, la proximité du lotissement avec la rivière de la Brague expose fortement ces maisons. Les intempéries, survenues à l’automne 2015, ont été particulièrement destructrices et meurtrières sur la Côte d’Azur. Vingt personnes sont décédées dont trois à Biot. Et les dégâts ont été considérables : les habitants du hameau de la Brague ont vu l’eau monter à plus d’un mètre chez eux.

Depuis, l’idée de transformer cette zone à risque est en marche. Elle se concrétise ce mardi par la signature de l’acquisition de la zone par la Casa.

Retour à la nature de la Brague

L’idée est de « rendre ce bout de terrain à la Brague », explique Guilaine Debras, ancienne maire de Biot et vice-présidente de la Casa. Le lit de la rivière va être élargi et les bords de la rivière seront désormais un espace public propice à la promenade.

Sur les 24 maisons, cinq ont été rachetées par l’Etat dans le cadre du dispositif Barnier destiné à indemniser l’expropriation de biens exposés à un risque naturel majeur. Les autres ont été rachetées par la communauté de communes. En tout, 13 millions d’euros ont été investis pour ce projet, destiné à éviter d’autres dégats matériels et humains en cas de nouvelles intempéries. Le but, selon Guilaine Debras, est que les copropriétaires soient partis avant l’automne « pour ne prendre aucun risque ».

Les travaux débuteront cet automne

Les habitants ont d’abord été inquiets, à l’annonce de ce départ rapide. « Ils craignaient avec le confinement de ne pas trouver d’autres maisons », souligne Guilaine Debras, remplacée au premier tour, le 15 mars dernier, par Jean-Pierre Dermit. Si certains ont trouvé des locations temporaires, d’autres, des locataires du hameau, ont été relogés.

Les travaux de renaturation débuteront à l’automne et doivent durer au moins une année.