Déconfinement à Cannes : « Pas efficace » ou « nécessaire pour reprendre une vie normale », le port du masque est désormais obligatoire

MASQUES Tout le monde doit sortir masqué dans « les espaces publics à forte fréquentation potentielle » sous peine d’une amende

Fabien Binacchi
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Des policiers sensibilisent les badauds sur l'arrêté réglementant le port du masque à Cannes, le 5 mai 2020
Des policiers sensibilisent les badauds sur l'arrêté réglementant le port du masque à Cannes, le 5 mai 2020 — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Depuis lundi, Cannes oblige au port du masque dans « tous les espaces publics à forte fréquentation potentielle », « les transports publics en commun » et « les commerces et marchés ».
  • Après une semaine de sensibilisation, la police municipale pourrait commencer à dresser des contraventions à partir du 12 mai.

« Je vais vous demander votre attestation et je dois aussi vous rappeler que le port du masque est obligatoire dans cette rue piétonne. » Depuis lundi, les policiers municipaux cannois sont chargés de faire respecter, en plus, cette nouvelle consigne. Un arrêté de la mairie prévoit en effet que les badauds sortent masqués dans « tous les espaces publics à forte fréquentation potentielle » et notamment les « rues piétonnes » pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

La mesure « va faire l’objet de beaucoup de sensibilisation toute la semaine et des PV pourraient commencer à être dressés dès le 11 mai », après la première étape du déconfinement annoncé pour lundi, précise-t-on en mairie. Et « pour le moment, on va dire que la consigne est plutôt bien passée », relève le policier municipal Christian Maraval, en patrouille sur la rue Meynadier, l’un des axes concernés, mardi. « Environ deux personnes sur trois portent un masque », jauge ce chef de service adjoint.

« Si on veut pouvoir retrouver une vie normale »

Roberto, lui, n’en porte pas. « Je ne savais pas qu’ils l’avaient rendu obligatoire, mais je suis tout à fait d’accord. Il faut bien en passer par là si on veut pouvoir retrouver un semblant de vie normale. Je vais aller en chercher. » Chirurgical, FFP2 ou masques en tissu sont acceptés. Et les contrevenants, en tout cas locaux, n’auront pas vraiment d’excuse selon la mairie qui rappelle que « plus de 110.000 masques "grand public" » ont été distribués « à l’ensemble de la population cannoise » et à « chaque personne travaillant sur la commune ».

La mesure, prévue dans un premier temps jusqu’au 30 juin et également dans « les transports publics en commun » et « les commerces et marchés », reste diversement appréciée. Sur la rue Meynadier, Zaza porte bien un masque chirurgical, mais sans en être vraiment convaincue. « Je ne pense pas que ça nous protège bien, souffle-t-elle aux côtés de sa fille qui n’en a pas. Ce qu’il faudrait c’est tous nous tester ».

D’autres attendent aussi de pouvoir mettre la main sur d’autres masques que ceux proposés gratuitement par la mairie, en tissu et répondant à la norme Afnor s76-001. « Je ne pense pas qu’ils soient efficaces pour ne rien attraper. Je veux en acheter des jetables, mais ils sont durs à trouver », avance Julien, bloqué à l’entrée d’un supermarché.

« Le masque protège les autres »

Le dispositif est bien efficace si tout le monde en est équipé, répond et insiste la mairie. « Le masque protège les autres », en évitant les projections de postillons, rappelle ainsi la municipalité. « On essaie aussi de faire de la pédagogie, pour ceux qui en portent déjà, sur la façon de le porter, appuie également Franck Santoccha, chef de service intervention à la police municipale de Cannes. On voit des gens le positionner sous le nez ou encore d’autres le manipuler trop souvent et de la mauvaise manière. »

Pour ces mauvais usages, des explications seront données. Pour le non-usage, des amendes de 38 euros pourront être dressées dès la semaine prochaine. Un arrêté similaire a été signé dans la commune voisine de Mandelieu. A Nice, Christian Estrosi avait indiqué qu’il signerait un texte pour rendre obligatoire le port du masque à partir du 11 mai « dans les espaces publics ». Les modalités n’ont, pour le moment, pas été précisées.