Coronavirus : Des milliers d’éprouvettes imprimées en 3D pour dépister le Covid-19

INNOVATION La start-up niçoise Volumic 3D a mis au point un modèle qui permet aux laboratoires de biologie médicale de faire face à la pénurie mondiale

Jonathan Hauvel

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Rendre les éprouvettes étanches a été une tâche complexe
Rendre les éprouvettes étanches a été une tâche complexe — Volumic 3D
  • Plus de 5.000 tests de dépistage du Covid-19 sont effectués chaque jour en France.
  • La société Cerballiance a fait appel aux services de Volumic 3D pour répondre à ses besoins en éprouvettes d’analyse.
  • 10.000 unités sont fabriquées chaque semaine grâce aux plans et aux imprimantes de Volumic 3D.

« Dès le premier jour du confinement, on s’est dit que l’impression 3D avait sa carte à jouer contre le Covid-19. » Stéphane Malaussena, cofondateur de Volumic 3D, a converti son entreprise de fabrication d’imprimantes 3D en bureau de conception de pièces utiles aux acteurs de la lutte sanitaire. Parmi elles, les éprouvettes nécessaires au test de dépistage du Covid-19.

« On a été contactés au début du confinement, un jeudi après-midi précisément, par le Dr Vincent Raimondi, directeur général et médical des laboratoires Cerballiance Côte d’Azur, explique l’entrepreneur niçois. Face à la pénurie mondiale, ils craignaient d’être rapidement en rupture de stock et donc de ne plus pouvoir procéder aux tests. Comme il avait vu qu'on était allés au CES de Las Vegas et à l'Élysée et qu’il prévoyait d’acheter une imprimante 3D, il a pensé qu’on pourrait imprimer ces cupules. On a répondu qu’en théorie, c’était faisable, mais il fallait voir comment. Le challenge était là. »

72 heures chrono

Commence alors la phase de réalisation du prototype. Les éprouvettes sont d’abord dessinées en 3D à partir d’un cahier des charges. « Il fallait utiliser un polymère compatible avec le milieu médical, qui puisse accueillir le réactif nécessaire aux tests. Le modèle devait être étanche, ce qui est possible mais n’est pas le fort de l’impression 3D », précise Stéphane Malaussena.

Le lendemain, la Ferme3D, à Saint-Rémy-de-Provence, lance l’impression sur sa quarantaine de machines conçues par Volumic 3D. Un millier d’unités sont fabriquées. Mais peuvent-elles remplacer celles utilisées habituellement dans le milieu médical ? Cerballiance lance des tests. Après un premier retour et une amélioration de l’étanchéité, les résultats tombent le dimanche soir : tout fonctionne correctement. « En 72 heures, on avait répondu à la problématique », commente Stéphane Malaussena.

5.000 éprouvettes sont fabriquées chaque semaine
5.000 éprouvettes sont fabriquées chaque semaine - Volumic 3D

10.000 éprouvettes fabriquées par semaine

Volumic 3D imprime désormais 10.000 éprouvettes par semaine, destinées aux 600 laboratoires de Cerballiance ainsi qu’à leurs concurrents. Deux pièces étant nécessaires pour chaque dépistage du Covid-19, cette collaboration permet la réalisation de 5.000 tests par semaine. A titre de comparaison, la France a procédé à plus de 5.000 tests rien que pour la journée du 7 avril 2020, selon les données de Santé publique France.

La start-up de la Côte d’Azur travaille également à la conception de visières et à la fabrication de centaines de valves adaptables sur les masques de Decathlon.

Volumic 3D participe à l'impression 3D de valves compatibles avec les masques Decathlon
Volumic 3D participe à l'impression 3D de valves compatibles avec les masques Decathlon - Volumic 3D

Volumic 3D participe enfin à un projet de respirateur artificiel conçu grâce à l’impression 3D. « On a fourni la matière première et des pièces pour les premiers modèles, qui sont fonctionnels et validés techniquement. Ils sont désormais en train de passer les homologations sanitaires. On est prêts à imprimer les premiers modèles dès qu’il le faudra », conclut Stéphane Malaussena.