Nice : Alexis Clerville, un guitariste virtuose et solidaire durant le confinement

MUSIQUE Le Niçois de 18 ans a réussi le concours d'entrée du Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD) de Paris

Jonathan Hauvel

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Alexis Clerville a débuté la guitare avec son père, musicien.
Alexis Clerville a débuté la guitare avec son père, musicien. — A. Clerville
  • L’élève du Conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Nice intégrera le Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD) de Paris à la rentrée prochaine.
  • Ce mardi 7 avril, il interprétera La Marseillaise avec l’Ensemble de guitares du conservatoire de Nice en soutien aux personnes mobilisées durant la pandémie de Covid-19.

« Pour nous, c’est une façon de rendre hommage à toutes les personnes mobilisées durant le confinement. » Alexis Clerville est guitariste et élève au sein du Conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Nice. Sous la direction de l’enseignant Florian Beaudrey, l’Azuréen et d’autres membres de l’Ensemble de guitares ont interprété un arrangement singulier de La Marseillaise. Une prestation ponctuée par des messages de soutien de 120 familles niçoises aux travailleurs en première ligne, qui est disponible depuis ce mardi 7 avril sur  cultivez-vous.nice.fr.

Premier à l’unanimité

En février dernier, Alexis Clerville s’était déjà illustré en réussissant le relevé concours d’entrée du Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD) de Paris, le « Clairefontaine » des musiciens. « J’ai été reçu premier à l’unanimité », précise placidement l’intéressé. Une prouesse artistique puisque seulement deux places étaient accessibles aux candidats venus du monde entier.

Pour gagner son ticket, le Niçois a dû exécuter quatre morceaux lors du premier tour : « Ricercar n° 2 du IIe livre in Ausgewählte Lautenwerke » de Melchior Neusidler pour le style Renaissance, « Sonate C. 56 » de Domenico Cimarosa pour le Baroque, « Estudio brillante dite Alard » de Francisco Tárrega pour l’époque romantique et « Bagatelle n° 1 in Five Bagatelles for guitar » de William Walton pour le contemporain.

Au second tour, place à « The Wood is wild » de William Byrd comme morceau imposé, avant de jouer « Triade » de Michèle Reverdy en choix personnel. « J’ai opté pour cette dernière car le langage me parlait davantage. Et puis elle est dédiée à Rafael Andia, un guitariste que je trouve vraiment impressionnant et que j’admire énormément. Il est très réputé notamment pour les œuvres contemporaines. J’ai eu l’opportunité de travailler avec lui sur cette pièce pour préparer le concours », dévoile le musicien.

De l’Île de la Réunion à Nice

Âgé seulement de 18 ans, Alexis Clerville a déjà un long parcours musical derrière lui. « J’ai commencé la guitare à l’âge de 5-6 ans. C’est mon père qui est guitariste amateur qui m’a fait découvrir cet instrument et m’a appris les bases », témoigne le jeune talent.

En 2012, il franchit un cap en entrant au conservatoire de La Réunion, île dont il est originaire. Sous la houlette de David Hoarau, « le prof qui (lui) a fait aimer ça », il obtient son Diplôme d’étude musicale (DEM) avec mention.

Pour accélérer sa progression, le musicien choisit de rejoindre la métropole. « J’ai franchi la barrière que représente l’océan ! Mon père (agent de sécurité) et ma mère (accompagnante d’élèves en situation de handicap) appréhendaient un peu de laisser partir leur enfant. »

Il atterrit à Nice où il prépare son bac Techniques de la musique et de la danse (TMD), menant de front ses cours au lycée Massena et au conservatoire de Nice. Depuis un an et demi, il s’y perfectionne grâce aux conseils de son professeur Laurent Blanquart.

Musicien… et ancien footballeur

À la rentrée prochaine, Alexis Clerville intégrera le CNSMD avec pour objectif d’obtenir le Diplôme national supérieur professionnel de musicien (DNSPM) d’ici trois ans. « J’aurai des cours de guitare avec un professeur titulaire, ainsi qu’avec son assistant. Je suivrai aussi des cours de formation musicale (analyse, solfège,…). Et puis il y aura des concerts. Quand on sort du CNSMD, on a un bagage conséquent. Des portes s’ouvrent mais il faudra encore travailler pour vivre de ma passion », détaille le futur Parisien.

Une voie qui aurait pu être totalement différente s’il avait suivi son autre passion. « Quand j’avais 13 ans, je faisais beaucoup de foot. Je voulais autant être footballeur que musicien, mais il a fallu faire un choix. » Quant à savoir s’il suit les prestations de l’OGC Nice : « Oui, mais ce n’est pas mon club favori. C’est plutôt l’OL. »