Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : Stop aux postillons, un industriel de l'éclairage se reconvertit dans la fabrication d'hygiaphones

INITIATIVE L’entreprise Orsteel Light, basée à Contes, fabrique des plaques de plexiglas pour protéger les professionnels et leurs clients

Jonathan Hauvel

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Boulangère derrière un hygiaphone conçu par Orsteel Light, lors de la pandémie de coronavirus
Boulangère derrière un hygiaphone conçu par Orsteel Light, lors de la pandémie de coronavirus — Orsteel Light
  • Orsteel Light a stoppé sa production d’éclairage LED au profit de la conception d’hygiaphones portatifs.
  • Ces plaques de plexiglas sont destinées aux professionnels encore en activité malgré le confinement.
  • 5.000 pièces ont été fabriquées, dont 80 % à destination des pharmacies.

Pharmacies, supermarchés, boulangeries, taxis, pompes funèbres, bureaux de tabac… Chaque jour, les professionnels de ces services sont en contact avec la population, et sont donc potentiellement exposés à une contamination par le Covid-19.

Pour répondre à leur demande et réduire les risques, la société de fabrication d’éclairage LED Orsteel Light, à Contes (Alpes-Maritimes), s’est reconvertie dans la conception d'hygiaphones portatifs durant la période de confinement.

« C’est une manière pour nous de répondre à une problématique sanitaire en mettant en œuvre nos savoir-faire. C’est aussi une façon de participer à l’effort réalisé par les industriels pour œuvrer contre l’essor du Covid-19 », explique Adrien Sfecci, directeur général d’Orsteel Light et président du club des entreprises des vallées des Paillons.

Bloquer les postillons

Sur le plan technique, l’hygiaphone consiste en une plaque de plexiglas qui permet de « créer une barrière physique contre les postillons entre les clients et la personne qui sert ». « Notre système est montable et démontable en une dizaine de secondes et peut être facilement nettoyé. De plus, c’est un modèle trois-en-un : il peut être utilisé horizontalement sur un bureau, verticalement sur un comptoir, ou courbé pour d’autres endroits », détaille Adrien Sfecci.

« On n’est pas là pour se faire de l’argent »

Au-delà de l’objectif sanitaire, cette production permet aussi à l’entreprise maralpine d’éviter le recours au chômage partiel pour ses dix-neuf salariés. « Concrètement, nous avons une baisse de 50 % sur nos commandes d’éclairage LED pour le mois de mars, et de l’ordre de 70 % pour avril. Soit on fermait l’usine, soit on passait par cette solution pour maintenir les emplois. Il faut être clair : on n’est pas là pour se faire de l’argent. Notre but est de payer les salaires et de ne demander des aides que si nous sommes dans l’obligation de fermer », livre le manager de 35 ans.

5.000 hygiaphones portatifs ont été vendus en mars. 80 % l’étaient à destination des pharmacies.