Coronavirus : La suspension des parloirs déclenche une mutinerie à la prison de Grasse, des coups de feu tirés

CRISE SANITAIRE Des détenus ont pu pénétrer « des zones intermédiaires » et essayer « de monter sur les toits », a indiqué une source syndicale

Fabien Binacchi

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Des gardes devant l'entrée de la prison de Grasse, le 15 juillet 2007.
Des gardes devant l'entrée de la prison de Grasse, le 15 juillet 2007. — AFP PHOTO VALERY HACHE

Ce mardi matin à la maison d’arrêt de Grasse, une mutinerie s’est déclenchée pendant la promenade d’une centaine de détenus. C’est l’annonce de la suspension des parloirs, dans le cadre des mesures de lutte contre la propagation du coronavirus, qui a provoqué cette réaction des prisonniers, a indiqué à 20 Minutes une source syndicale.

« Deux groupes ont réussi à se rejoindre en cassant des portes. Ils se trouvent désormais dans des zones intermédiaires de la prison. Certains essaient de monter sur les toits et de jeter des pierres sur les surveillants. Des tirs de sommation ont été effectués pour tenter de contenir le mouvement », indiquait Philippe Abime, délégué FO Prison 06.

Vers 14h, la situation était finalement rentrée dans l’ordre et les détenus avaient réintégré leur cellule. « Ils ont dégradé des grillages et il y a eu un feu de guérite sans gravité », a assuré de son côté la direction interrégionale des services pénitentiaires.

Pour « les quinze prochains jours »

Des agents de la police de Grasse étaient sur place ainsi que des pompiers et des équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS) de l’administration pénitentiaire. Plus de 670 détenus se trouvent actuellement emprisonnés dans cette maison d’arrêt pour 574 places.

L’accès aux parloirs des prisons françaises pour les familles est suspendu pour « les quinze prochains jours » afin de lutter contre la propagation du coronavirus, a annoncé la garde des Sceaux Nicole Belloubet dans un message adressé mardi aux agents du ministère de la Justice. « Les parloirs programmés [ce mardi] seront maintenus pour les familles qui se présentent à l’établissement », a précisé la Chancellerie.

« Cette décision a peut-être été trop brutale. On aurait pu éviter ce genre de mutinerie si nos préconisations avaient été suivies, avance Philippe Abime. Nous proposions de continuer les parloirs en groupes restreints. »