Nice : Trois mois après, quel premier bilan pour les bornes d'appel d'urgence ?

SECURITE La ville a déjà décidé d'installer cinq appareils supplémentaires pour 10.000 euros

Fabien Binacchi
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Il devrait y avoir seize de ces bornes, au total, d'ici à la fin de la semaine
Il devrait y avoir seize de ces bornes, au total, d'ici à la fin de la semaine — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Depuis décembre 2019, la ville de Nice déploie des bornes d’appel d’urgence avec micro et caméra reliées directement au centre de vidéosurveillance de la police municipale.
  • Au bout de trois mois, un premier bilan fait état de cinq arrestations opérées grâce au dispositif.
  • Le maire Christian Estrosi s’en satisfait, l’opposition raille le ratio coût-efficacité.

Elles ressemblent à des interphones vidéo. Sauf que celles-là ne sont pas encastrés au pied des immeubles, mais fixées en pleine rue. Installées depuis décembre pour la première (sur l’avenue Jean-Médecin) et depuis janvier pour dix autres, les bornes d’appel d’urgence avec images en direct avec la police municipale de Nice s’apprêtent à faire des petits.

Cinq nouvelles installations de ce type, qui permettent à n’importe qui 24h/24 de signaler un incident au centre de vidéosurveillance de la ville, « seront opérationnelles d’ici le 15 mars », annonce la municipalité à 20 Minutes.

Cinq arrestations grâce aux bornes, selon la ville

Soit 10.000 euros d’investissements supplémentaires (chaque dispositif est facturé 2.000 euros l’unité) avec quel bilan pour les premiers exemplaires ? « Au total, 50 déclenchements ont été effectués sur les onze bornes d’appel dont 26 ont été validés par les opérateurs du Centre de supervision urbain [CSU] », indiquait mardi la mairie. Cela ne fait qu’un peu plus d’un appel pertinent par appareil et par mois.

Et avec quel résultat ? « Un déclenchement sur trois concerne des vols, un sur quatre est relatif à des faits de violence, détaille la ville. A vingt reprises, un équipage de la police municipale a été envoyé sur site menant à cinq arrestations et présentations à un officier de police judiciaire. » L’hôtel de ville retient notamment « l’interpellation d’un individu suite à l’arrachage d’un collier ». Après déclenchement de la borne d’appel sur l’avenue Jean-Médecin, « les opérateurs du CSU ont pu retrouver par les caméras l’homme et envoyer un équipage pour son arrestation », est-il précisé.

Le ratio coût-efficacité en question

Selon Christian Estrosi, qui s’est vu privé par la Cnil de Reporty, une appli smartphone d’appels vidéo en direct à la police municipale, « ces bornes d’appel apportent déjà les premiers résultats ». Avec ce nouveau dispositif, « il s’agissait d’apporter un complément aux 3.200 caméras de la ville et aux 1.200 boutons d’alerte mis à la disposition des bâtiments publics et des commerçants », avance le maire sortant.

Pas de quoi convaincre l’opposition du candidat à un troisième mandat. « Si le ratio coût-efficacité reste à ce niveau-là sur la durée, on pourra en conclure que le dispositif n’est pas pertinent », réagit le conseiller municipal socialiste Patrick Allemand, également candidat à la mairie de Nice. « La question est toujours la même : Ne vaut-il pas mieux de la présence humaine plutôt qu’un nouveau gadget technologique ? » interroge-t-il.