Nice : L’association des victimes de l’attentat va boycotter l’hommage national à Paris

ILS N'Y SERONT PAS Les responsables critiquent le fait que la manifestation soit co-organisée par le chef de cabinet du président Macron, ancien chef de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes

20 Minutes avec AFP

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Le mémorial de l'attentat de Nice
Le mémorial de l'attentat de Nice — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Elle ne sera pas représentée. Promenade des Anges, l'association de victimes de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, a annoncé ce mardi son refus de participer aux cérémonies d’hommage aux victimes du terrorisme organisées mercredi à Paris, dénonçant la présence d’un haut fonctionnaire en poste à l’époque à Nice.

Heurtée par « le fait que la manifestation soit coorganisée par François-Xavier Lauch, actuellement chef de cabinet du président Macron », l’association rappelle qu'il était chef de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes au moment de l'attentat et a été placé sous le statut de témoin assisté dans l’enquête sur les éventuelles failles du dispositif de sécurité.

« L’hommage aux victimes est bel et bien organisé par une personne mise en cause dans l’instruction de Nice, dont, rappelons-le, l’accès aux pièces en tant que partie civile nous est refusé par la juge du fait du contexte électoral », ajoute le président de l’association Thierry Vimal, qui se recueillera au mémorial temporaire niçois.

« Notre combat est de plus en plus désespéré »

« Nous avons le sentiment qu’on se moque de nous, et que notre combat pour la manifestation de la vérité est de plus en plus désespéré », dit-il.

L’enquête se poursuit sur les mesures de sécurité déployées le soir du 14 juillet 2016. Outre François-Xavier Lauch, l’ancien préfet Adolphe Colrat, le maire Christian Estrosi et de son premier adjoint Philippe Pradal ont été entendus comme témoins assistés.

Ouverte pour « mise en danger de la vie d’autrui », l’enquête a été élargie à la qualification d'« homicide et blessures involontaires », davantage susceptible de déboucher sur un procès, même si aucune mise en examen n’a encore été prononcée.