Nice : Un parc d’attractions à « propulsion parentale » oblige les parents à décoller le nez de leur smartphone

Divertissement familial Son créateur Jean-Pierre Speidel souhaite que les adultes soient plus connectés à leurs enfants et petits-enfants d'1 an et plus

Jonathan Hauvel

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Marta Campana est à la barre d'un bateau du parc d'attractions à propulsion parentale, à Nice, pour amuser son fils Pau, 5 ans, et sa nièce Zoé, 7 ans
Marta Campana est à la barre d'un bateau du parc d'attractions à propulsion parentale, à Nice, pour amuser son fils Pau, 5 ans, et sa nièce Zoé, 7 ans — J.Hauvel / ANP / 20 Minutes
  • Un parc d’attractions sur le thème de la Belle Époque a été installé dans le jardin des arènes de Cimiez.
  • Son inventeur Jean-Pierre Speidel a remplacé les moteurs par des mécanismes manuels.
  • Perents et grands-parents sont mis à contribution pour faire fonctionner les manèges au lieu de regarder leur écran.

Son imagination n’a pas de limites. Le fantasque Niçois Jean-Pierre Speidel a imaginé un parc d’attractions à propulsion parentale au sein du jardin des arènes de Cimiez, à Nice, pour renouer le lien entre les adultes et leur progéniture.

« Quand je vais à la fête foraine, je vois les parents qui se débarrassent de leurs enfants et qui collent le nez à leur smartphone. Il ne faut pas qu’ils considèrent les parcs d’attractions comme une garderie », reproche le créateur du Festival mondial des records fantastiques.

À la force du poignet

Pour mettre au point ce parc consacré à la Belle Époque, Jean-Pierre Speidel a récupéré des éléments de manèges anciens, qu’il a ensuite bricolés. Afin de se revendiquer « 100 % écolo », les moteurs ont été retirés au profit d’engrenages et de mécanismes manuels.

Les parents (et les grands-parents) doivent ainsi pousser les balançoires mignonnettes, faire tourner la manivelle des chaises volantes ou encore tenir bon la barre pour faire tanguer un petit bateau quatre places. « Ici, ils contribuent. Ça leur fait faire de la gym », lance malicieusement l’ancien directeur du musée de la curiosité et de l’insolite à Nice.

Des spectacles (qui changent lors de chaque période de vacances) sont également organisés sous un chapiteau, à côté d’une roulotte. « AAAAAaaaaahhh ! Il est lààà ! » Des hurlements stridents retentissent à la vue du loup, lors de la représentation de Guignol. Les enfants s’en donnent à cœur joie. Les tympans des parents saignent. À la fin de la séance, une mère et son fils sont unanimes : « C’était trop bien ! »

Une vie de rêve

Insatiable bonimenteur, Jean-Pierre Speidel puise sa source d’inspiration dans ses rêves d’enfant. « Ma mère m’amenait dans les fêtes foraines à Paris. Il y avait le théâtre forain, les entresorts et ces manèges qui étaient tellement beaux. Aujourd’hui, il n’y a plus ce rêve d’antan. »

Jean-Pierre Speidel sous le chapiteau de son parc d'attraction à propulsion parentale, à Nice
Jean-Pierre Speidel sous le chapiteau de son parc d'attraction à propulsion parentale, à Nice - J.Hauvel / ANP / 20 Minutes

Le discours de l’ancien directeur artistique du groupe Partouche devient même politique quand il aborde son action que d’aucuns pourraient accuser d’être d’une nostalgie dépassée : « Vous savez, face à un monde de brutes et de violence, c’est important de rêver. La plus belle récompense qu’on puisse me faire, c’est qu’on me dise “Vous m’avez fait rêver.” »

En plus de ses deux autres parcs à Castel des Deux rois et à Carol de Roumanie, le coordinateur de Divertissements 06 souhaiterait désormais installer un manège à propulsion parentale dans le centre-ville de Nice.