VIDEO. Alpes-Maritimes : À la rencontre de Zarko, le nouveau chien d'intervention du Peloton de gendarmerie de haute montagne

MONTAGNE Le berger belge malinois et son maître Benjamin Correge sont autant capables de rechercher des victimes d'avalanche dans le Mercantour que des personnes disparues sur le littoral

Jonathan Hauvel

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Le maréchal des logis-chef Benjamin Correge et Zarko forment l'équipe cynophile du PGHM (Peloton de gendarmerie de haute montagne) des Alpes-Maritimes
Le maréchal des logis-chef Benjamin Correge et Zarko forment l'équipe cynophile du PGHM (Peloton de gendarmerie de haute montagne) des Alpes-Maritimes — J.Hauvel / ANP / 20 Minutes
  • Zarko est le nouveau chien d'avalanche du PGHM (Peloton de gendarmerie de haute montagne) des Alpes-Maritimes.
  • Cinq mois de formation ont été nécessaires pour que le berger belge malinois intervienne avec le maréchal des logis-chef Benjamin Correge.

Il est le seul membre du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) des Alpes-Maritimes qui ne porte pas l’uniforme en service. Zarko, un berger belge malinois de 20 mois, est désormais opérationnel au sein de l’équipe de secours. Il succède à Hiss, décédé à la suite d’un accident en 2018.

Avant de rejoindre l’unité de Saint-Sauveur-sur-Tinée, Zarko a d’abord été sélectionné à l’âge de dix mois selon ses aptitudes naturelles. « Le chien doit être très joueur, dynamique et doit avoir envie d’apprendre. De plus, il ne doit pas avoir de dysplasie », explique son maître, le maréchal des logis-chef Benjamin Correge.

Quatre mois de formation avec son responsable

Après avoir été débourré par un instructeur, il a rencontré son actuel compagnon bipède lors du « mariage », le 18 septembre dernier, au départ d’une formation de quatre mois au centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie. « Au début, on ne se comprenait pas. C’était sûrement à cause de l’accent du Gers, sourit le gendarme originaire du Sud-Ouest. Il était éteint. J’étais peut-être trop neutre, pas assez dans l’invitation. »

Les jours de travail passent, les deux collègues s’apprivoisent, la relation se cimente. « On a effectué un gros travail sur la motivation », se souvient le sous-officier.

Formé au pistage et à recherche de victimes d’avalanche

Lors de ce stage, Zarko est également initié au pistage afin de retrouver des individus. « On joue sur l’instinct de “chasse”. On lui donne une odeur de référence. Soit il remonte la piste directement, soit il oriente les recherches. S’il trouve la personne, il obtient son jouet. Pour nous, c’est du travail mais, pour lui, c’est du jeu », poursuit Benjamin Correge.

En janvier, direction Chamonix pour la formation à la recherche de victimes d’avalanche. « Pour le chien, c’est la liberté. C’est un peu comme un enfant qui arrive à la neige », indique le gendarme. Le rôle du maître-chien devient alors de canaliser cette énergie dans un seul but : trouver les potentielles personnes ensevelies.

Lors de ces interventions, chaque seconde compte. Au-delà de quinze minutes, les chances de survie chutent de 80%.

Maître-chien, une spécialité en sous-effectif

Benjamin Correge s’est décidé à devenir maître-chien à la suite d’une blessure en 2010. « La relation chien-humain m’intéressait et j’avais eu un bon contact avec le maître-chien lorsque j’étais en renfort saisonnier dans un PGHM dans les Pyrénées », se souvient l’intéressé.

Sa spécialité peine toutefois à recruter. « Avant, le maître-chien souffrait d’un manque de considération. Aujourd’hui, ça a changé mais la longueur de la formation, en étant loin de sa famille, rebute les volontaires, explique-t-il. Ça reste un métier passion, qui a ses avantages, comme avoir un compagnon toujours content de vous voir et toujours prêt, mais aussi ses inconvénients. Parmi eux, l’imprévu qu’il faut faire accepter à ses proches et qui se cumule au travail de secouriste. »

Pour combler ce déficit en 2020, le service des ressources humaines de la gendarmerie nationale a invité les candidats aux unités spécialisées montagne à se tourner vers cette qualification.