Nice : Pour sauver les bébés kangourous en Australie, des collégiens cousent des poches en tissu

INITIATIVE Une trentaine d’élèves du collège Alphonse Daudet à Nice ont participé à ce projet international, vecteur de cohésion dans l’établissement

Jonathan Hauvel

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La fabrication des poches a permis aux collégiens de mettre en pratique leurs connaissances mathématiques
La fabrication des poches a permis aux collégiens de mettre en pratique leurs connaissances mathématiques — Collège Alphonse Daudet, à Nice
  • Plus d’un milliard d’animaux ont péri dans les incendies qui ont touché l’Australie.
  • Thomas Fanien, professeur d’anglais au collège Alphonse Daudet à Nice, a proposé à ses élèves de coudre des poches pour les kangourous orphelins.
  • Grâce à l’aide de leurs encadrantes, des élèves présentant des déficiences mentales ont rejoint le projet.

Tout est parti de l’appel de Little Dandelion en Australie. Début janvier, ce magasin basé à Sidney a invité ceux qui le pouvaient à fabriquer des poches de substitution à destination des bébés kangourous qui ont perdu leur mère dans les terribles incendies qui ont dévasté le pays ces derniers mois.

Relayée par la maison de couture française Germaine Guérin, l’initiative est arrivée jusqu’aux oreilles de Thomas Fanien, professeur d’anglais au collège Alphonse Daudet, à Nice : « C’est une amie qui m’en a parlé. J’ai trouvé ça super. J’avais fait une séquence entière sur l’Australie avec mes élèves. Ce projet était l’occasion pour eux de faire quelque chose de concret en lien avec le cours, qui plus est avec une utilité réelle. »

De l’inclusion à la cohésion

Convaincu des atouts pédagogiques et citoyens de l’initiative, l’enseignant va d’abord demander l’aval de la principale de l’établissement. Accord obtenu. Puis il sonde ses 23 élèves de 5e 6. « Ils ont tout de suite dit “Ouiiiii”, sourit Thomas Fanien. Certains ont même voulu adopter des kangourous. »

En parallèle, une dizaine d’élèves handicapés de l’Unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) se greffe au projet, sous la houlette de Claudie Paty, coordinatrice Ulis, et de Sylvie Sanseverino, accompagnante des élèves en situation de handicap (AESH). « Ce qui est extraordinaire, c’est qu’ils aient pu mener un projet avec d’autres élèves ordinaires. Même s’ils assistent à des cours en commun, le plus souvent, ils sont davantage à côté qu’ensemble », témoigne Claudie Paty.

« On a dépassé le stade de l’inclusion pour celui de la cohésion. Il n’y avait qu’une unité », se réjouit également Céline Bartoletti, principale du collège Alphonse Daudet.

« Garçon ou fille, tout le monde est à son aiguille »

Sur le plan pratique, les jeunes citoyens ont surfilé 32 poches pour les kangourous lors de deux séances de couture. « Que ce soit garçon ou fille, tout le monde était à son aiguille », lance Sylvie Sanseverino.

Les créations seront envoyées à un hub australien, qui les répartira ensuite aux associations en contact avec les animaux orphelins.

De leur côté, les élèves Ulis préparent une exposition sur l’Australie, dont le vernissage se tiendra après les vacances de février. A cette occasion, ils organiseront un quiz et liront un conte aborigène sur l’origine des poches des kangourous.

Ils collaboreront par ailleurs avec une autre classe du collège Alphonse Daudet qui travaille sur l’Océanie.