Nice: Pas d'interdiction des terrasses chauffées mais des mesures (de consommation) annoncées

ÉCOLOGIE La start-up niçoise Qualisteo est en charge d'étudier la consommation d'énergie là où les restaurants sont équipés

Jonathan Hauvel
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Le bilan carbone des terrasses chauffées est très controversé (Illustration)
Le bilan carbone des terrasses chauffées est très controversé (Illustration) — Duclos / SIPA
  • Après l’interdiction des terrasses chauffées par Thonon-les-Bains en 2012 et Rennes le 1er janvier 2020, le sujet est en question à Nice.
  • Dans une vidéo publiée sur Facebook, l’élue EELV Juliette Chesnel-Le Roux demande au maire de Nice d’interdire les appareils de chauffage en terrasse. Christian Estrosi refuse toute « décision brutale ».
  • L’entreprise Qualisteo doit récolter des données chiffrées sur la consommation des appareils de chauffage en terrasse pour aider la métropole Nice-Côte d’Azur à décider.

C’est le sujet brûlant de ce début d’année. Les appareils de chauffage en terrasse interrogent après que Rennes a décidé de les interdire depuis le 1er janvier. À Nice, Christian Estrosi a choisi… de ne pas choisir pour le moment, refusant toute « décision brutale » qui pourrait « remettre en cause plus de 10.000 emplois liés à l’exploitation des terrasses ».

Interpellé par Juliette Chesnel-Le Roux, élue niçoise EELV et candidate aux municipales 2020 sur la liste de Jean-Marc Governatori, le maire confirme en revanche « travailler dans le cadre de la charte de bonne conduite signée en novembre dernier, sur ce sujet et d’autres liées à la qualité environnementale de notre destination. »

« Avoir une vision chiffrée et tangible » de la situation

La métropole Nice-Côte d’Azur a ainsi proposé à la start-up niçoise Qualisteo de plancher avec elle sur l’optimisation énergétique des chauffages et climatisation des professionnels. Installée dans l’Éco-Vallée, l’entreprise a pour mission de récolter des données chiffrées sur la consommation des appareils de chauffage en terrasse.

« Notre diagnostic va permettre d’avoir une vision chiffrée et tangible. Il faut monitorer et comprendre, avant de prendre une décision », explique sa directrice générale Elodie Bondi.

En pratique, la start-up prévoit la mise en place de boîtiers de mesure non intrusifs. « On pourra ainsi savoir quelle est la part du chauffage dans la consommation énergétique des commerces. On pourra aussi connaître la variation de cette consommation entre janvier et juin par exemple pour en déduire l’impact réel des chauffages. »

Identifier des solutions

Ces données seront ensuite recoupées avec les informations que Qualisteo a engrangées durant ses 1.000 projets réalisés depuis sa création en janvier 2010. « On va essayer d’identifier des solutions. Cela ne signifie pas forcément qu’il faudra prendre des décisions radicales. Peut-être que des solutions technologiques qui existent seront adaptées, à l’image des arrêts de fonctionnement d’équipement ou de l’investissement dans des équipements plus performants au niveau énergétique », précise Elodie Bondi.

Dans un tweet, Christian Estrosi s’est déjà déclaré favorable à « l’utilisation de biogaz et d’appareils à quartz basse consommation (…) qui feront l’objet de mesures d’accompagnement financier pour inciter les professionnels à s’équiper. »

De leur côté, les « Citoyens pour le climat de Nice » ont lancé une pétition en ligne intitulée « Pour l’interdiction des chauffages d’extérieur à Nice ». Adressée au maire, elle a recueilli à ce jour plus de 4.000 signatures.