Nice: Quand les pauses fruitées pointent dans les bureaux des grandes entreprises

A TABLE Avec son frère primeur, une Niçoise s’est lancée dans le portage de corbeilles et de brochettes de fruits pour les open spaces

Mathilde Frénois

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Les corbeilles de Julia Spagnolini et son frère sont garnies de fruits de saison.
Les corbeilles de Julia Spagnolini et son frère sont garnies de fruits de saison. — Vitafruits
  • Les panières sont garnies par son frère, dans la halle marchande de Cagnes-sur-mer.
  • Une soixantaine de kilos de fruits terminent chaque semaine dans les bureaux et les salles de repos d’une trentaine de grandes entreprises azuréennes.

Une corbeille remplie de viennoiseries posée au milieu de la table de réunion à 10 heures. Et le distributeur de barres chocolatées qui fait de l’œil à la pause de 17 heures. La Niçoise Julia Spagnolini a fait face à ces tentations lorsqu’elle était en poste dans une grande entreprise. « On avait souvent des réunions hebdomadaires où étaient proposés des croissants et des pains au chocolat », se souvient l’entrepreneuse. Alors à 27 ans, avec son frère primeur, elle lance Vitafruits, sa société de portage de corbeilles et de brochettes de fruits dans les entreprises.

« On propose une pause fruitée. Ce sont des livraisons de corbeilles de fruits à mettre dans les salles de pause et les espaces détente à destination des salariés, détaille Julia Spagnolini. On travaille avec des fruits de saison et des producteurs locaux, sauf quand ce n’est pas possible comme les bananes ou les avocats. » Des panières qui sont garnies par son frère, dans la halle marchande de Cagnes-sur-mer. Une soixantaine de kilos de fruits terminent chaque semaine dans les open spaces et les salles de repos d’une trentaine de grandes entreprises azuréennes.

« Un problème de grignotage »

Proposer des fruits sur le lieu de travail est devenu un « phénomène » dans les entreprises avec l’apparition du « happy management » au bureau : « C’est mieux que les barres chocolatées. Ceci dit, ce n’est pas l’idéal, prévient tout de même Cécile Castellan, diététicienne-nutritionniste spécialiste du diabète qui intervient lors d’ateliers et de conférences en entreprise. Si on mange un fruit, il n’y a pas de soucis. Mais des gens qui sont addicts au sucre ou sensibles au grignotage peuvent en manger quatre ou cinq dans l’après-midi. Ce n’est pas possible : c’est énorme au niveau du sucre. Ça fait trop. » Elle recommande alors de manger un seul fruit, pour sa forte teneur en vitamines, en fibres et en minéraux, tout en évitant la collation du matin et en privilégiant celle de 17 heures. « Il existe un problème de grignotage au travail quand les aliments sont à disposition, précise Cécile Castellan. Parfois aussi, l’alimentation dépasse le cadre du fait de se nourrir : c’est souvent une stratégie d’adaptation face au stress, à la fatigue et à l’ennui. »

Vitafruits propose son panier. Au salarié de gérer le nombre de fruits consommés. Mais l’entreprise azuréenne ne fait pas uniquement des corbeilles (à partir de 34 euros). Elle livre également des assortiments de fruits et légumes aux salariés pour ramener chez soi. « On travaille aussi pour les événements, pour des vœux vitaminés par exemple, dit Julia Spagnolini. On fait des fruits confits, de la pâte d’amande, des brochettes de fruits. » Pour ne plus repartir avec son ballotin de chocolats lors de l’arbre de Noël. Mais avec ses cinq fruits et légumes.